Le front de lutte

19 août 2004

Ce qui restera dans l’Histoire comme étant “l’affaire des T.O.S.” aura démarré dès février 2003, avec ce fameux courrier ministériel annonçant le transfert effectif des personnels IATOS aux collectivités. Dès lors, la protestation n’a cessé d’enfler. Manifestations gigantesques rassemblant durant près de trois mois des dizaines de milliers de personnes dans les rues.
Face à cette contestation, il n’y eut que des mots. Un sénateur de l’Est parla de “ladi lafé syndical”. Le Premier ministre décréta que “la rue ne gouverne pas”.
Et pourtant ! Malgré les vrais-faux amendements et le passage en force du gouvernement, celui-ci a dû revoir sa copie. Une première victoire des T.O.S. qui a, hélas, été balayée par la récente décision du Conseil constitutionnel.
Mais les T.O.S. restent déterminés. Cette contestation dure depuis bientôt 18 mois et, rarement dans l’Histoire des luttes sociales, une intersyndicale aura été mobilisée aussi longtemps.
Cette longévité s’explique par la légitimité des revendications portées par l’ensemble des personnels et de leurs syndicats, appuyées à la fois par la population et la quasi-unanimité des élus de La Réunion, même si certains y sont venus tardivement.
Tous les Réunionnais, en effet, auront à souffrir d’une décentralisation faite dans ces conditions. C’est pourquoi la leçon que nous donnent les T.O.S. est plus que jamais d’actualité : s’unir d’abord et élargir le front de lutte à toute la collectivité pour gagner.

S. D.


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Témoignages - 82e année


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