Edito

Le gouvernement maintient l’inégalité dans l’accès aux soins

J.B. / 11 septembre 2018

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La présentation du plan de lutte contre la pauvreté par le gouvernement a pris plusieurs mois de retard. Mais la France est obligée d’agir. Elle a en effet signé les Objectifs de développement durable, ce qui signifie qu’elle s’est engagée à éradiquer la pauvreté d’ici 2030. Cela suppose des mesures de rupture, car bien qu’elle soit encore un des pays les plus riches du monde, la France compte 13 % de sa population vivant sous le seuil de pauvreté.

À La Réunion, du fait de l’application mécanique de lois inadaptée, la proportion de Réunionnais vivant sous le seuil de pauvreté dépasse 40 %. Ramener cette proportion à zéro en 12 ans est un défi auquel le gouvernement pourra-t-il répondre ?
La première mesure annoncée laisse entendre que le redressement est mal parti. En effet, un des droits essentiels est celui de se soigner. Les personnes obligées de survivre avec un minimum social peuvent bénéficier la prise en charge avec la CMU. A cela s’ajoute la CMU complémentaire qui permet de bénéficier d’une mutuelle gratuitement.

Mais des personnes dépassent le plafond pour bénéficier de la CMU-C alors qu’elles touchent mensuellement une somme inférieure au seuil de pauvreté. Pour elle existaient jusqu’à présent une aide au financement de la mutuelle, ce qui signifiait qu’il fallait quand même payer pour se soigner.
Le projet du gouvernement maintien ce principe. Pour une personne ayant un revenu mensuel de 980 euros par mois, soit le seuil de pauvreté, il faudra payer 360 euros par an pour avoir droit à une mutuelle. Cela pose une fois de plus le problème de l’inégalité dans l’accès aux soins.

Pourtant, à l’autre bout de la chaîne, les plus riches bénéficient de largesses fiscales qui leur permettent d’économiser des milliards. Mais pour les plus pauvres, ce gouvernement ne fait pas de cadeau. Même en dessous du seuil de pauvreté, il faudra payer pour se soigner.

J.B.