Edito

Le gouvernement veut court-circuiter les associations caritatives.

Ary Yée Chong Tchi Kan / 16 février 2021

Les médias ont montré des files d’étudiants faisant la queue pour obtenir de quoi se nourrir. Jamais, nous aurions pensé trouver à la rue des jeunes qui ont une haute considération du parcours universitaire. La situation est extrêmement grave car elle touche à la dignité humaine. La souffrance a eu raison du froid qui sévit en hiver. Etait-ce prévisible ? Pourquoi le gouvernement n’avait pas senti le coup venir ?

Dans le Figaro d’hier un article sur la survie des jeunes est paru avec le concours de l’AFP. Tout est résumé dans le titre suivant : « Banques alimentaires : la moitié des bénéficiaires ont recours à l’aide depuis moins d’un an. Plus de 2,1 millions de personnes, dont 70% de femmes, bénéficient actuellement de l’aide alimentaire. »

La pauvreté en France avait fait l’objet de plusieurs articles dans Témoignages, en particulier lorsque le rapport du Secours Populaire est sorti. Il mettait l’accent sur l’impact de la crise sanitaire sur la précarité alimentaire : « 40% des ménages précaires sont dans l’incapacité de couvrir leur dépense alimentaire quotidienne ».

L’article d’hier souligne l’importance de la crise sanitaire : « la moitié (51%) des bénéficiaires des banques alimentaires ont commencé à avoir recours à cette aide depuis moins d’un an ». Parmi eux, 21% y ont recours depuis moins de 3 mois. Le phénomène touche des gens diplômés puisque « près d’un quart ont au minimum un niveau bac ». Cette aide alimentaire représente 92 euros d’économies par mois.

Cependant, le plus important reste la relation humaine. Les 2/3 des bénéficiaires souhaitent être accompagnés par une association alors que le gouvernement veut court-circuiter les organismes caritatifs pour remettre aux pauvres un chèque à dépenser dans des magasins. Il n’y a pas de petit profit pour les tenants du capitalisme.