Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
4 juin 2005

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Dimanche dernier, le message des électeurs était très clair : la participation fut massive et une large majorité a sanctionné un texte qui vise à généraliser à toute l’Europe la politique libérale menée en France et Outre-mer par divers gouvernements depuis de nombreuses années. 55% des électeurs se sont levés pour défendre les droits sociaux. Car qui peut contester que dans le “non” au projet de Traité constitutionnel européen, on a le “non” à la casse sociale ?
Message clair, mais pourtant message dont les dirigeants français semblent ne pas vouloir tenir compte.
Pour Dominique de Villepin, il s’agit de répondre en décrétant une "mobilisation générale" afin d’"engager les réformes indispensables". Il appelle à "faire sauter les verrous" pour "débloquer l’embauche". Mais de quelles réformes et de quels verrous parle le Premier ministre ?
Une première réponse se trouve dans les propos du président du Sénat. Selon Christian Poncelet, le vote de dimanche dernier signifie que les Français demandent "plus d’emplois, ce qui nécessiterait par exemple d’assouplir le Code du travail". Même ton pour le président du MEDEF : "la priorité à l’emploi nous convient à fond, à condition que l’on prenne les mesures qui s’imposent". C’est-à-dire "agir" via l’"assouplissement du Code du travail".
Nous voilà donc fixés sur le cap du nouveau gouvernement : la casse sociale va s’aggraver. Soit exactement le contraire de ce qu’a dit le peuple dimanche dernier. Mais on ne veut pas appliquer ce message. Veut-on pousser tout le monde à bout ?
Face à cette obstination, on ne peut pas ignorer la responsabilité de plusieurs dirigeants du PS qui, en appelant à soutenir la “Constitution Giscard”, ouvrent un boulevard aux plus ultras de la majorité gouvernementale.
Manuel Marchal
Nos peines
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