Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
6 janvier 2019

Au départ, on expliquait le mouvement des Gilets Jaunes comme celle d’une protestation contre l’augmentation du prix du carburant. On pouvait l’élargir au pouvoir d’achat et aux réformes du président de la République. En réaction, lors de sa première prise de parole publique, Macron chercha à calmer. Il se dit comprendre le mécontentement, sépara les vrais victimes des groupuscules accusés de violences et annonça une série de mesures. Les images de l’Arc de Triomphe saccagé ont choqué le monde entier et ont inspiré les tweets moqueurs de Donald Trump. Macron dénonça l’ingérence de son homologue US dans les affaires françaises.
Le mouvement a continué. Cette fois, Macron appelle quasiment à la répression et accuse les protestataires de distiller la « haine ». C’est le moment choisi par des manifestants pour pénétrer des enceintes publiques symboliques. Ils se sont attaqués aux permanences d’élus LREM et ils ont failli entrer dans les bureaux du porte-parole du gouvernement qui a été exfiltré. Les médias qui ont minimisé le mouvement sont pris de cours. En témoigne la vidéo qui montre des assaillants repousser les forces de l’ordre, isolées et sans renfort face à des milliers de Gilets Jaunes qui veulent atteindre le cœur du système Macron.
Cette fois Macron est isolé et cerné. Il n’a plus de crédibilité vis à vis de l’extérieur. Il se croyait tout permis. Désormais, tout son plan est à terre.
Dans quelles conditions va-t-il recevoir le sommet du G7, en Août prochain à Biarritz ? Trump avait torpillé le sommet du Canada et n’a même pas signé la déclaration finale. On se rappelle que la Russie faisait partie d’un format G8. Macron voulait incarner la conscience de l’Union Européenne, il n’est plus écouté et n’est plus crédible. Malgré ses réformes violentes son budget dépasse les 3% de déficit.
Il n’est plus sûr qu’un remaniement ministériel puisse calmer les esprits qui sont chauffés à vifs. Les vidéos des policiers et des manifestants qui se tapent dessus nourrissent la haine et un non retour. Bref, il n’a plus de marge de manoeuvre. Il s’est trop avancé dans la présidentialisation du système. Désormais, la pression est sur lui, lui seul. Son parti manque d’expérience et il n’a aucun allié de taille. Le mouvement des Gilets Jaunes a pris un tournant insurrectionnel.
JB.
Nos peines
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