Edito

Le Pape bouge pour les Chagos et pour des principes.

Ary Yée Chong Tchi Kan / 16 septembre 2019

Le Pape : “Lorsque nous reconnaissons les organisations internationales ainsi que leur capacité à donner un jugement, par exemple, le tribunal international de la Haye ou les Nations unies, notre devoir est d’obéir lorsqu’elles rendent leur jugement. » Revenons sur ces propos émis dans l’avion qui le ramenait à Rome, après son périple dans le sud-ouest de l’Océan Indien. Il répondait à une question du journaliste Mauricien, Jean Luc Mootoosamy de Radio One. Deux ans et demi après avoir reçu une délégation des Chagossiens à Rome.

En effet, le 17 Mai 2017, des Chagossiens conduits par Olivier Bancoult étaient reçus au Vatican. Initialement, ils devaient être reçus en audience par le cardinal Paul Gallagher. Mais, au final, c’est le Pape François les a reçu. A ce moment, dans leur lutte solitaire depuis des dizaines d’années, les expulsés des Chagos étaient heureux de recevoir le soutien du chef de l’Etat du Vatican. C’était aussi un acte concret qui préparait la visite de Donald Trump, la semaine suivante.

Trump avait été investi le 20 janvier 2017. Sa visite au Pape a eu lieu le 24 mai. Dans la demi-heure qu’a duré l’échange en privé, le Pape lui a demandé d’être un homme de Paix et du réchauffement climatique. Il a été surtout le porte parole du peuple Chagossien. Le moment était important car la les Etats Unis ont construit une importante base militaire sur Diego-Garcia, la plus grande île de leur archipel. La source des expulsions.

L’ingérence directe du Pape dans le dossier des Chagossiens redonnait de l’espoir après le refus de Barack Obama de régler le problème durant ses 2 mandats à la tête des Etats Unis. Le bail de 60 ans pour l’occupation de Diego-Garcia courrait jusqu’au 31 décembre 2016. Les Etats Unis et la Grande Bretagne l’ont prorogé de 20 ans ! On se rappelle qu’ à ce moment-là les Chagossiens recevait le soutien exceptionnel de 7 Prix Nobel, avec à leur tête, Desmund Tutu, qui avaient écrit à leur homologue Obama. Détenteur lui aussi du célèbre Prix, il a laissé pourrir la situation.

Les propos du Pape dans l’avion résonne dans ce contexte Chagossien mais la répercussion est mondiale. C’est une position de principe pour une gouvernance mondiale responsable et respectueuse de la souveraineté des peuples.

Ary YEE CHONG TCHI KAN