Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
18 mars 2013, par

Aujourd’hui, c’est la 3e rentrée des classes pour l’année 2012-2013. Le phénomène se répète 5 fois par an. D’année en année et de génération en génération, un rituel s’est installé et on en oublie la réalité. Dans le contexte actuel, un gros mensonge s’est installé.
Ce matin, environ 250.000 élèves reprennent le chemin de l’École. Cet effectif représente quasiment le nombre d’habitants en 1946. De par son caractère massif et obligatoire, la scolarisation à La Réunion est certainement l’un des acquis des plus importants obtenus par nos aînés à travers la loi du 19 mars 1946. À cette époque, seule une infime minorité d’enfants pouvait accéder à la scolarité et à la connaissance. La grande partie de la population était analphabète.
En quelques décennies, l’État — pris dans son sens le large des pouvoirs publics — a réalisé de gros efforts pour assurer la scolarité obligatoire de tous. Pour tous les parents, l’accession à l’école était le gage d’un avenir meilleur, voire radieux, pour leurs enfants. Ils ne lésinent pas sur les moyens. Ainsi, l’État et les parents sont liés par un pacte pour atteindre l’objectif. Ils veillent aux résultats.
Les enfants sont placés en situation d’obligation de réussir. L’exigence de résultat est consacrée par différents contrôles réguliers, dans l’année scolaire et durant toute la scolarité. Au vu des statistiques publiées, les progrès sont réels. Cela prouve que les enfants ont intégré, eux aussi, l’importance de l’école dans leur quête d’un avenir radieux, qui se résume souvent à « un bon travail demain ».
Dès leur plus jeune âge, les enfants sont soumis à la pression sociale de bien réussir. Du petit câlin affectif du matin des touts petits, aux encouragements divers des plus grands, sans oublier les récompenses des diplômés, tout est fait pour la victoire du pacte implicite État-Parent-Enfant.
Cependant, dans le contexte actuel de pénurie d’emploi, le pacte est en train de rompre. À la sortie du cycle scolaire, diplômés ou pas, les jeunes sont déçus de ne pas trouver la situation rêvée, voire l’obtention d’un simple emploi, question de vivre décemment. L’absence de perspective nourrit des colères et des violences. Les parents sont tétanisés et les pouvoirs publics s’en lavent les mains, recourant à toutes sortes de subterfuges pour ne pas répondre au respect du pacte tripartite.
Pour illustrer la rupture du pacte, il suffit de noter que 60% des jeunes de moins de 25 ans sortis du système scolaire sont inscrits à Pôle Emploi. Qui en est responsable ? Les parents ? L’État ? Le jeune lui-même ? Les prochaines échéances électorales se feront sur ce climat de « pokèr-mentèr ».
Un grand moment de clarification arrive pour que la confiance s’installe à nouveau dans le pacte vertueux. La Réunion a besoin de toutes ses filles et tous ses fils.
J.B.
Nos peines
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