Edito

Le respect du créole dans l’école : une responsabilité réunionnaise

Manuel Marchal / 13 août 2019

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Lors d’une réunion au Rectorat le 5 juillet dernier, le recteur était intervenu pour dire à une parent d’élève qu’il ne fallait pas s’exprimer en créole lors d’une rencontre qui était paradoxalement consacrée à la langue créole à l’école.
Dans un communiqué diffusé hier, le CREFOM donne la position suivante :
« Le rôle du conseil académique des langues régionales est de veiller au statut et à la promotion des langues et cultures régionales dans l’académie, dans toute la diversité de leurs modes d’enseignement.
Dans un tel contexte, l’incident qui a eu lieu lors du conseil académique des langues régionales, le 5 juillet dernier, ne peut que nous interpeller : que penser du statut et de la promotion de la langue créole dans l’académie de La Réunion avec un tel signal envoyé par le recteur aux enseignants placés sous son autorité ? Parce qu’en dehors de cet incident, qui ne devrait rester que de l’ordre de l’anecdote – bien que hautement symbolique – le sujet de fond est en effet celui de la langue créole, du respect qui lui est dû, de sa défense et de son enseignement. »

C’est bien là une préoccupation partagée. A La Réunion, quelle que soit l’origine du recteur, sa responsabilité est d’appliquer la politique de l’État dans le domaine de l’Education. L’État étant la France, une ancienne puissance coloniale assimilatrice, il n’est donc guère étonnant que le responsable de l’Académie de La Réunion ait eu une telle réaction.
Cela fait réfléchir toutes celles et tous ceux qui pensaient que la nomination d’un Réunionnais à la tête du Rectorat de La Réunion allait apporter un changement. Car cet épisode rappelle bien que dans le domaine de l’éducation, les décisions sont prises à Paris en prenant d’abord en considération les intérêts d’un pays situé aux antipodes de La Réunion.

Ceci souligne donc que pour que la langue maternelle puisse faire l’objet d’une intégration dans l’enseignement à la hauteur de son importance fondamentale, il appartient aux Réunionnais de se prendre en main et de revendiquer que la responsabilité dans le domaine de l’éducation leur soit acquise. Difficile de faire l’impasse sur cette question si l’on considère que l’éducation est un des piliers du plan de développement durable et cohérent pour lequel le PCR propose aux forces vives de se retrouver et de travailler ensemble.

M.M.