Edito

Le secret des affaires menace la liberté de la presse

J.B. / 6 avril 2018

JPEG - 13.7 ko

Une décision importante vient d’être prise par des députés. C’est ce qu’indique un communiqué du SNJ-CGT doit voici quelques extraits :

« La proposition de loi sur le Secret des affaires imposée par les lobbies industriels et les banques d’affaires pour empêcher les journalistes, les ONG et les chercheurs de faire éclater des scandales comme celui du Round Up et des Monsanto Papers, ou celui du Mediator ou des Panama Papers à l’avenir, a été adoptée à l’Assemblée nationale française le 28 mars 2018… par seulement 66 députés présents ce jour-là (sur 577 !) : 20 qui ont voté en faveur de nos amendements, 46 qui ont voté contre.

Avec une poignée de 26 députés, l’agrochimie et les lobbies des multinationales viennent de gagner une nouvelle manche dans la bataille qu’ils mènent depuis 3 ans pour imposer leur loi du silence à des centaines de millions d’européens !

Si cette loi est adoptée, les journalistes et les ONG qui informent habituellement les citoyens sur des pratiques frauduleuses de grandes entreprises ou des produits dangereux pour la santé ou l’environnement se trouveront dans l’incapacité de le faire, au risque de se voir condamnés par les tribunaux à de lourdes sanctions.

Pire : les personnes qui sont en première ligne face à un potentiel scandale financier ou sanitaire – les lanceurs d’alertes, les chercheurs, les scientifiques – ne seront plus protégées et risqueront de voir leur responsabilité financière engagée - avec des amendes de plusieurs millions d’euros à la clef - si elles divulguent des informations sans que l’entreprise qui est en cause ne les y autorise. »

Il reste le passage au Sénat pour contrecarrer ce projet. Rappelons en effet que la liberté de la presse est un des piliers de la démocratie. Mais comme sur le plan social, la tendance dans ce domaine de la majorité parlementaire est à la régression.

J.B.