Edito

Le temps de la raison est arrivé

J.B. / 10 avril 2013

En moins de deux semaines, deux médias en France ont parlé de La Réunion. Deux angles différents d’une même situation.

Le 26 mars, France 2 a ouvert son journal TV sur l’augmentation du chiffre du chômage en France, suivi aussitôt d’un reportage qui parle des fonctionnaires surrémunérés qui semblent couler des jours heureux sous le soleil de l’Outre-mer, plus particulièrement en Nouvelle-Calédonie. A la fin du sujet, des personnalités concluent à la remise en cause de ce régime. Pour les initiés, ce reportage TV, c’est presque du téléphoné en cette période de recherche de niches à réduire.

Avant hier, le journal "Libération" publie un reportage au titre évocateur : « La Réunion : glaner sa nourriture dans le jus de merde ». Son journaliste a suivi des chômeurs et retraités qui en sont réduits à récupérer des restes dans un centre de transit d’ordures de la Jamaïque, car s’alimenter coûte de plus en plus cher. L’article s’étale sur les 2 pages du milieu, illustré par 3 photos où on voit des personnes en « activité ». "Témoignages" a repris l’article dans ses pages intérieures d’hier. Vous pouvez retrouver le reportage filmé sur le site de Libé.

Ainsi, en l’espace d’une semaine, l’opinion française découvre les 2 versants de la situation catastrophique réunionnaise. D’un côté, des agents de l’Etat perçoivent un sursalaire qui leur permet de s’acheter la vie chère ; de l’autre, des bénéficiaires des subsides du même Etat ne disposent que de l’Egalité de traitement. Deux mondes cohabitent sur ce territoire intégré à la France et à l’Europe qui font parties des grandes puissances économiques mondiales. Les uns peuvent tout se permettre tandis que les autres mendient des colis alimentaires ou fouillent dans les ordures.

Pour se sortir de cette situation bicéphale, le PCR a fait une proposition raisonnable et responsable. Un fonds d’investissement sera alimenté par une épargne des surrémunérés et servira à financer des projets clés. La participation raisonnée des uns servira à créer de l’emploi pour les chômeurs. Comme dit Lavoisier, « rien ne se perd, rien ne se créer, tout se transforme ». C’est la seule voie responsable. Tirons les leçons de Chypre où le gouvernement a du mal à trouver des fonds pour payer les salaires des fonctionnaires et le versement des retraités. Avant la crise du 17 février, à quoi rêvaient les fonctionnaires chypriotes ? Certainement pas à cette situation extrême.

Après ces 2 reportages, il est difficile de croire au hasard du calendrier. Les 2 articles se complètent pour demander à l’Etat de réagir. Le gouvernement ne peut plus tergiverser. Le changement c’est vraiment maintenant.

J.B.