Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
11 février 2013, par

Albert Ramassamy, ancien sénateur et dirigeant politique, a publié une lettre de lecteur la semaine dernière, dans laquelle il crie sa « honte » devant l’incapacité des députés actuels à appréhender l’Histoire qui se joue en ce moment. Citons : « François Hollande s’apprête à clore le débat institutionnel jamais ouvert ici par carence et incapacité. C’est une honte. Car pour l’ouvrir et le conduire exige une connaissance du passé qui fait cruellement défaut à nos élus. Ce qui me fait craindre le pire pour notre île ». Les 7 députés apprécieront la manière diplomatique de parler de leur fainéantise.
Il demande de réagir à l’appel lancé par Paul Vergès, à la tribune du Sénat, le 15 janvier, en faveur d’un projet d’une assemblée unique. En effet, intervenant dans le débat institutionnel, notre sénateur avait demandé au gouvernement de prendre ses responsabilités et de consulter les Réunionnais. Une façon de dire : « Arèt décide pour nous sans nous ».
La lettre d’Albert Ramassamy montre qu’il est très inquiet, car La Réunion ne peut pas se permettre un troisième rendez-vous manqué. Il a été témoin et acteur de deux : en 1971 et 1981.
Voici ce qu’il dit de l’opération avortée en 1971 :
« Le statut actuel eut dû être réformé depuis longtemps déjà ! En effet, Pierre Messmer, alors Premier ministre, se propose de doter le Conseil général des DOM, alors unique assemblée, d’importants pouvoirs de décision. Nous nous y sommes opposés ». Il était à l’époque dirigeant de l’ARDF, Association Réunion Département Français.
Concernant 1981, Mitterrand arrive au pouvoir et les parlementaires votent en faveur de l’assemblée unique. Cette décision qui date de 1982 sera cassée sur la forme, mais jamais sur le fond. Elle aurait pu être présentée à nouveau, mais l’Histoire en a décidé autrement. Paul Vergès fait d’ailleurs référence à ce vote, dans son discours, pour réclamer au nouveau gouvernement un sursaut démocratique.
Nous avons perdu 40 ans. Dans une semaine, le 18 février, les débats auront lieu à l’Assemblée nationale. Les Réunionnais ne connaissent toujours pas la position que les 7 députés iront défendre pour régler les problèmes de La Réunion et de l’avenir d’une société d’un million d’habitants dans un monde qui en comptera 7 milliards. Pour l’heure, c’est le débat sur l’utilisation électoraliste des contrats emplois sans avenir qui hante les nuits de ces élus.
Ces attitudes sont contraires à celle de Paul Vergès qui fait l’effort de toujours expliquer à l’opinion ce qu’il fait. Il reste une semaine pour sensibiliser le pouvoir parisien sur la solution de sortir de 67 ans de politique qui nous a conduit aux catastrophes sociales d’aujourd’hui. Que feront les députés ?
J.B.
Nos peines
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