Edito

Les bases de notre vivre ensemble

LB / 28 février 2009

Une des nombreuses richesses du Collectif des Organisations Syndicales, Politiques et Associatives de La Réunion (COSPAR) est notamment le fait de réunir des Réunionnais de tous les âges dans la lutte pour résoudre le malaise social de notre pays. Ainsi, après avoir accueilli des organisations de lycéens et d’étudiants fortement mobilisés pour faire respecter les droits et la dignité des jeunes Réunionnais, le COSPAR a reçu l’adhésion d’associations qui regroupent quelque 200 clubs de personnes âgées et retraitées de toute l’île, également soucieuses de défendre leurs moyens de vivre.
C’est la première fois, depuis de nombreuses années, que l’on retrouve un tel rapprochement intergénérationnel dans notre peuple. Et c’est un symbole fort de la mobilisation populaire de retrouver sur une même plate-forme revendicative les aspirations solidaires de la jeunesse et du troisième âge.

Un des enseignements à tirer de cette solidarité consiste à mesurer l’évolution de notre société en quelques décennies. Si vous parlez avec des personnes âgées d’aujourd’hui, elles vous diront qu’autrefois, au temps de leur jeunesse, on vivait souvent dans une famille nombreuse, où travaillait une seule personne.
À présent, elles voient leurs enfants ou leurs petits-enfants se retrouver dans des familles plus réduites, où même si deux de leurs membres ont chacun un emploi, elles ont du mal à joindre les deux bouts à la fin du mois. Une situation qui suscite à la fois étonnement, incompréhension et mécontentement contre une situation injuste.

Ces réactions légitimes font réfléchir sur l’évolution de notre mode de vie, des rapports de production et de la façon de consommer. Quel est le sens de cette "modernité", qui fait qu’avec plus d’argent et moins d’enfants, on a davantage de mal à vivre et des perspectives plus inquiétantes que jamais ?
La souffrance mentale, le mal-être et les troubles relationnels de nombreux jeunes nous interpellent car c’est un problème important de notre société, que l’État ne prend pas assez en compte. Mais ces craintes rejoignent celles de certains responsables politiques, notamment ceux du PCR, qui se battent depuis 50 ans pour l’union des Réunionnais afin de changer les bases de notre vivre ensemble.

L.B.