Les questions du temps présent
21 juillet, parCeux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
27 février 2015, par

Air Austral a choisi d’acheter deux Boeing B787-8 pour remplacer un B777-200 LR propriété de la compagnie. Ces avions sont plus lourds que le modèle standard. Pour chercher l’origine de cette spécificité, autant puiser l’information à sa source, c’est-à-dire dans la presse de Seattle, ville où se situent les usines de Boeing. Justement, le Seattle Times a publié le 25 février un article à une série d’avions de Boeing, les « terribles teens » ou « enfants terribles ».
D’où leur vient ce qualificatif ? Voici les explications de notre confrère.
« Boeing lutte pour trouver des acheteurs pour 11 de ces premiers B787 Dreamliners, d’une valeur totale estimée à 1,1 milliard de dollars », écrit le Seattle Times, « les clients originaux ont refusé d’acheter ces avions à problèmes, qui sont plus lourds que les modèles récents. Boeing cherche de nouveaux acheteurs »
De plus, ces Boeing ne sont pas totalement construits. Ainsi selon le Seattle Times, ces B787-8 sont stationnés depuis environ 4 ans en plein air à Everett. Du plastique noir obstrue les fenêtres, et des contrepoids de 7,7 tonnes sous les ailes permettent aux avions de rester en place.
Boeing a commencé à construire ces Dreamliners avant d’avoir la certification fédérale en 2011, ils ont donc besoin de nombreuses réparations pour répondre aux normes américaines, explique le Seattle Times.
Pour ne pas que ces avions lui restent sur les bras, Boeing a donc commencé à redonner un coup de fraîcheur à ces jets qui traînent sur un parking. Boeing a approché des compagnies d’Indonésie, de Malaisie, d’Amérique latine et du Moyen-Orient, a confié un membre de Boeing au Seattle Post. Boeing va devoir casser les prix pour s’en débarrasser. Alors que le prix d’un B787-8 est de 212 millions de dollars, ces jets sont estimés à 115 millions, selon Douglas Kelly, vice-président de Avitas, société de consultants en aéronautique, cité par le journal de Seattle. Avitas pense qu’en négociant, une compagnie aérienne peut obtenir un rabais supplémentaire de 10 %, soit un prix proche de 100 millions de dollars. C’est donc quasiment moitié prix. C’est bien plus que la remise accordée par un commerçant pour un modèle d’exposition. Mais la différence de prix s’explique. Par exemple, ces avions ont une autonomie inférieure de 1850 kilomètres par rapport au B787-8 normal. Cette perte de performance ne permet donc pas à ces modèles d’avoir une consommation inférieure de 20 % sur d’autres avions de taille comparable. Air Austral est donc la première compagnie a faire une commande ferme sur ces appareils singuliers.
Situé un peu plus au Nord de Seattle, notre confrère canadien du Globe and Mail n’y va pas de main morte. Selon lui, ces avions invendus stationnés sur un parking « étaient le symbole visible du retard pris par le programme Dreamliner ».
Le Boeing B777-200 LR était un appareil neuf de premier choix fraîchement sorti d’usine, très polyvalent. Il sera remplacé par deux appareils de second choix qui auront déjà sans doute perdu beaucoup de leur valeur avant d’être mis en service. Au travers de ce recul, faut-il voir un symbole de l’évolution d’Air Austral sous la présidence de Didier Robert ?
Ceux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
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