Edito

Les changements climatiques vont mettre en danger la sécurité alimentaire mondiale

David Gauvin / 24 avril 2021

La France a connu lors de la première quinzaine d’avril la plus grande catastrophe agronomique de ce début de XXIe siècle, a déclaré le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie. Un épisode de grêle et des gelées ont conduit à 500 millions de pertes pour le monde agricole en une nuit. Cet épisode ne sera plus exceptionnel avec le changement climatique.

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En 2050, l’humanité comptera près de dix milliards d’individus. L’un des défis majeurs du XXIᵉ siècle est de nourrir décemment tous les êtres humains. Le relever dépendra de l’aptitude du système mondial d’agriculture et d’élevage à produire suffisamment de nourriture tout en préservant l’environnement. Mais le changement climatique met en péril cette capacité : dans une étude parue dans Nature climate change, des chercheurs de l’Université de Cornell aux États-Unis ont démontré que le changement climatique observé au XXᵉ siècle a réduit de 21 % la production agricole par rapport à ce qu’elle aurait été sans réchauffement global.

Cette diminution n’est pas uniforme et dépend largement de la latitude géographique. Les régions les plus chaudes et les plus touchées par le changement climatique sont celles qui enregistrent les déficits les plus marqués. C’est le cas du continent africain qui enregistre un écart de 34 % par rapport aux modèles, et de l’Amérique Latine et des Caraïbes (25 %). La baisse est moins marquée dans les régions plus froides comme l’Amérique du Nord (12,5 %), l’Europe et l’Asie (7,1 %).

Ces résultats sont considérables pour une hausse des températures globales de « seulement » 1° C. Or les modèles climatiques prévoient pour la fin du XXIᵉ siècle une hausse des températures bien plus forte si l’on ne réduit pas significativement les émissions de gaz à effet de serre. Comment réagira le système agricole face à ces hausses bien plus importantes que celles connues jusque-là ?

Dans un monde, où la sécurité alimentaire deviendra une préoccupation majeure, La Réunion ne peut plus compter sur l’importation pour assurer sa sécurité alimentaire. Au-delà de la simple autosuffisance alimentaire, il est nécessaire maintenant de rétablir un pacte agricole au service du territoire. Les paysans vont être les acteurs majeur de La Réunion de demain, ils en ont les compétences, et la volonté. Il serait maintenant temps de lever tous les obstacles bureaucratiques. C’est bien de visiter les exploitations en période électorales, mais ce serait mieux d’écouter leur proposition et de les accompagner.

L’agriculture devrait être la première activité de santé. Le paysan doit précéder le médecin. Pierre Rabhi

Nou artrouv’

David Gauvin