Edito

Les Comoriens interdits d’entrer en France, à La Réunion et à Mayotte, où est l’indignation ?

J.B. / 14 mai 2018

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La ministre des Outre-mer est depuis hier en visite à Mayotte. Les images de son arrivée dans l’île ont montré des personnes brandissant des panneaux montrant leur attachement à la France. À cela, Annick Girardin a répondu en déclarant que « Mayotte restera français ». Elle a également démenti les informations parues dans la presse révélant que du côté de Paris, une Communauté de l’archipel des Comores pouvait être envisagée afin de sortir de la crise qui persiste depuis 1975. C’est la date du refus de la France de respecter le résultat du referendum qu’elle avait elle-même organisé l’année précédente au sujet de l’autodétermination de ce qui était alors le Territoire des Comores, composé des îles d’Anjouan, de la Grande Comore, de Mohéli et d’Anjouan, avec pour capitale Moroni. « Cette coopération qui irait très loin avec les Comores n’est pas à l’ordre du jour aujourd’hui. Il faut arrêter de se faire peur », a dit la ministre !

Une autre annonce d’Annick Girardin est la confirmation de la suspension de la délivrance de visa aux Comoriens. Cette mesure équivaut à une interdiction d’entrée sur le territoire de la République des ressortissants de l’Union des Comores. C’est une sanction d’une grande violence. À La Réunion, certains se sont légitimement indignés quand Donald Trump a voulu interdire l’entrée sur le territoire des États-Unis aux personnes de religion musulmane. Cette indignation était partagée dans de nombreux pays du monde, notamment en France.

Parce que le gouvernement comorien, se référant au droit international, estime que les citoyens de l’Union des Comores sont chez eux à Mayotte et n’ont donc pas à en être expulsés s’ils rentrent sans visa, alors le gouvernement français a choisi de se mettre au niveau de Donald Trump. Les Comoriens sont donc interdits d’entrer légalement en France, à La Réunion et à Mayotte, puisque ordre est donné de ne plus leur délivrer de visa. Devant un acte d’une telle violence, où est l’indignation de ceux qui dénonçaient la décision du président des États-Unis d’appliquer une mesure aussi sectaire ? Manifestement, il est temps que Paris se ressaisisse.

J.B.