Edito

Les « complots » symboles de l’abandon de la politique par le camp progressiste

Mathieu Raffini / 9 septembre 2020

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Ces dernières années ayant été celles des « fake news », il n’est guère étonnant de voir les complotistes et leurs théories fumeuses occuper le devant de la scène, en particulier depuis ces derniers mois.
Nous prendrons soin de n’en citer aucune afin que personne ne puisse se sentir heurté par ses propres croyances dans ces tribunes. Néanmoins, le recoupement des sources est plus que conseillé afin d’avoir un avis clair et éclairé, quel que soit le sujet. Il l’est d’autant plus quand le porteur de ladite théorie est en réalité un réactionnaire notoire.

Cette situation de retour au grand jour des complots peut être expliquée par un seul et même élément : l’abandon de la politique par le camp progressiste et de l’idéologie, au profit d’une dominance capitaliste, ultra-libérale et réactionnaire.
En effet, cette grille d’analyse est présente partout : au plus haut niveau de l’Etat, avec sa représentation ici avec la préfecture notamment, dans les médias et donc dans la parole dominante.
Aucune possibilité de débat contradictoire de la part du camp progressiste, car le terrain a été abandonné depuis des années à ces mêmes idéologues dominateurs, et sans combat idéologique sur le terrain, il ne peut légitimement y avoir de combat médiatique.

Dès lors, chaque parole contradictoire, y compris lorsque qu’elle est porteuse d’une idéologie fondamentalement réactionnaire, parait légitime, voire révolutionnaire car allant à contre-sens de la doxa dominante. C’est pourtant là où est le danger, car ces porteurs d’idées scabreuses et indémontrables légitiment d’autant plus l’idéologie dominante, faisant passer tout contradicteur comme étant lui aussi complotiste.

Alors, que nous reste-t-il à faire ? Attendre que le système s’écroule de lui-même ? Il semble plus pertinent de reprendre le terrain, dans toutes les modalités possibles, qu’il s’agisse d’une question physique, virtuelle ou de s’imposer médiatiquement. Montrer qu’effectivement, il existe une autre voie que celle portée par l’idéologie dominante. Et que cette voie est progressiste (et plus particulièrement communiste) et ne saurait l’être autrement. Alors osons débattre de tous les sujets, notamment ceux occupants la sphère publique et militante pour y démontrer un point de vue, certes sans doute différent à la fois de la doxa dominante et de certains avis exposés, mais qui pourra de notre côté, comme cela a toujours été le cas être démontré de façon factuelle et scientifique, car nous sommes matérialistes. Faisons ainsi revivre l’idéologie et la politique progressiste par le terrain, et ces théories du complot s’évanouiront d’elles-mêmes faute de possibilité de légitimisation.

Mathieu Raffini