Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
26 novembre 2013

Jeudi dernier, le gouvernement a décidé une procédure d’exception pour le débat parlementaire sur la réforme des retraites. C’est le vote bloqué. Aujourd’hui, les députés ne pourront pas se prononcer article par article en espérant glisser quelque amendement. Ils devront voter sur le texte en l’état.
Le gouvernement craint d’être mis en minorité sur l’article concernant le report de six mois de revalorisations annuelles des pensions.
L’annonce du vote bloqué a soulevé une vague de protestations dans les rangs de la majorité. André Chassaigne est même allé jusqu’à parler d’un « exercice pitoyable pour la démocratie » .
Ces députés se rappellent que quand ils siégeaient dans l’opposition, le gouvernement Fillon avait utilisé la même procédure pour faire passer sa réforme des retraites.
Le texte mis au vote ce soir ne remet pas en cause celui adopté sous Sarkozy. Il a la même logique, car il s’appuie sur l’allongement de la durée du temps de cotisation pour pouvoir bénéficier d’une retraite pleine. Il prévoit de prolonger cette durée à 43 ans.
À La Réunion, il est clair que rares sont les travailleurs du privé qui peuvent dire être capables d’aligner 43 ans de cotisation sans interruption. Pour partir à 60 ans, il faudrait avoir occupé un emploi de manière continue depuis l’âge de 17 ans. Qui à La Réunion peut aujourd’hui faire une telle carrière ?
Ce texte signifie le refus d’une retraite décente pour la majorité des travailleurs du privé. Les 7 députés de La Réunion seront donc à nouveau au pied du mur. Ils se disent tous membres de la majorité, et ils ne peuvent plus reculer. En effet, le gouvernement a choisi d’accélérer la procédure. Ce soir, le résultat du vote des députés de La Réunion sera connu, il ne manquera pas d’être largement diffusé et commenté sous cet angle : les députés sont-ils solidaires des Réunionnais ou préfèrent-ils faire passer d’abord la solidarité avec le gouvernement ? Tous sont soit candidat, soit soutien de candidat aux municipales. Ceci explique cette attention toute particulière.
Cette fois-ci, il n’y aura pas de séance de rattrapage, car c’est le vote définitif. Ce qui sera accepté ce soir sera inscrit dans la loi.
En première lecture, le texte est passé à 10 voix de majorité. Il aurait suffi que les 5 députés de La Réunion ayant voté contre aient pris une autre décision pour que le texte soit rejeté, ouvrant la voie à de nouvelles négociations.
Ce soir, les députés de La Réunion vont-ils se ressaisir et montrer qu’ils sont là pour défendre l’intérêt des Réunionnais ?
J.B.
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