Edito

Les élections en Italie renforcent les incertitudes en Europe

J.B. / 6 mars 2018

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Dimanche dernier, les élections en Italie ont été un nouveau coup de tonnerre pour l’Union européenne. C’est un parti créé en 2009 qui est arrivé en tête des législatives, le Mouvement 5 étoiles, avec plus de 30 % des suffrages. À sa création, il demandait l’organisation d’un référendum pour sortir de l’Union européenne et de l’euro. Aujourd’hui, son programme est plus vague sur ce point. Mais il a réussi se retrouver aux portes du pouvoir en misant sur l’exaspération d’électeurs qui constatent que les partis qui se succèdent au pouvoir ne règlent pas les problèmes. Il a aussi profité de la crise des migrants pour prospérer. L’Italie est en effet le principal pays d’arrivée des traversées clandestines de la Méditerranée. Le Mouvement 5 étoiles a donc surfé sur un discours anti-migrants qui porte beaucoup dans ce pays, car nombreux sont les Italiens à estimer que les autres membres de l’Union européenne ne sont pas solidaires pour accueillir ces réfugiés qui restent en Italie.

Le Mouvement 5 étoiles a séduit par son mode de fonctionnement. Il utilise beaucoup Internet pour faire émerger des propositions et désigner des candidats. Il demande aussi un revenu universel. Ces idées plaisent aux jeunes qui ne se reconnaissent plus dans les partis de gouvernement. Lors des législatives de 2013, le Mouvement 5 étoiles était le parti qui comptait dans ses rangs les députés les plus jeunes. Certains avaient à peine 25 ans, l’age minimum pour siéger. La plupart de ces parlementaires n’avaient jamais été élus. Outre des jeunes, le groupe comportait des élus issus de la même classe sociale que En Marche, mais également des étudiants et des chômeurs.

La présence de ce parti rend les perspectives de formation d’un gouvernement bien compliquées. L’extrême droite est arrivé en 2e position, avec 23 Pour sa part, le PDS sort laminé avec 19 % des suffrages. Il n’a plus qu’une centaine de députés au lieu de 322 et perd donc la majorité. L’ex-Premier ministre Matéo Renzi, a démissionné. Il était en effet sur une ligne refusant toute discussion avec le Mouvement 5 étoiles, qu’il juge extrémiste.

C’est donc une période d’incertitude qui s’ouvre en Italie, un pays de plus de 50 millions d’habitants. Cela aura des conséquences sur l’Union européenne qui négocie actuellement avec la Grande-Bretagne les conditions du Brexit. Cela intervient en effet au moment où les discussions sur l’avenir des fonds européens et de la politique agricole sont à l’ordre du jour. Ces deux sujets concernent particulièrement La Réunion.

J.B.