Edito

Les enjeux des Municipales de 2020 (5)

Ary Yée Chong Tchi Kan / 4 septembre 2019

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Depuis le 1er septembre, nous sommes entrés de plains pieds dans la période de pré-campagne des Municipales, là où l’agitation commence à être palpable. Mais au risque de nous répéter, on bavarde de tout sauf des enjeux pour l’électrice et l’électeur qu’on maintient sciemment dans l’ignorance. Le prochain mandat court de 2020 à 2026. Quelle sera l’évolution de la situation pour les uns et pour les autres ?

Tous les maires et adjoints de La Réunion cumulent des fonctions, des mandats et des revenus. C’est le paradoxe de cette société où 43% de la population se situe sous le seuil de pauvreté. La majorité des pauvres perçoit moins de 9600 euros par an, c’est le montant que certains élus perçoivent en un mois seulement. Dans les 2 cas, il s’agit de répartition de l’argent public. Le pauvre doit accepter ce qu’on lui donne alors que les élus ont la possibilité de combiner.

Certains maires président également des structures intercommunales. Comment est-ce possible alors qu’on appelle à plus de démocratie et plus de partage. Par exemple, Virapoullé est maire de Saint André et président de la Cirest. Tak est maire du Tampon et patron de la CASUD. Fontaine est maire de St Pierre et préside la CIVIS. Sinimalé est maire de la plus grande commune de France et dirige le TCO. Gérald Maillot, le Président de CINOR, est également Adjoint au Maire de St Denis et Conseiller Départemental. Des adjoints sont aussi PDG d’établissements percevant l’argent public.

Et pour bien montrer qu’il s’agit d’un problème de société, la jeune et femme élue à la Possession disait : “en Mairie, une augmentation de 15%, ce n’est pas choquant”.

Au même moment, les élus du TCO votaient pour eux-mêmes 1,4 millions d’euros supplémentaires. Ce qui est choquant, c’est le pauvre qui est venu voter et qui devra accepter son sort durant 6 ans. C’est l’existence de classes sociales qui induisent la lutte des classes. Voilà pourquoi il est urgent d’avoir un plan de résorption de la pauvreté et des inégalités sociales.

L’ONU a fixé en 2030, l’échéance maximum pour l’éradication de la pauvreté. Les Réunionnais peuvent abréger la souffrance de nos concitoyens pauvres durant ce mandat 2020-2026.

Ary YEE CHONG TCHI KAN