Edito

Les leçons de Matthew et Sarika

J.B. / 19 octobre 2016

La Réunion est entrée dans la saison cyclonique et sa population n’est pas plus informée et éduquée. Pourtant, les informations qui nous parviennent d’ailleurs devraient inciter les autorités civiles et politiques à lancer la vigilance dès maintenant, en ouvrant largement des débats sur l’état de la connaissance de ce phénomène naturel. L’objectif est de rendre tout un peuple conscient et acteur de sa sécurité. Que savons-nous ?

Au début de ce mois d’octobre, le cyclone Matthew a été classé comme “Major”. Il s’est caractérisé par des vents très violents, des pluies diluviennes, des inondations. Il a évolué dans les Caraïbes. Il a affecté notamment les îles : la Jamaïque, Haïti, la Dominique, Cuba et les Bahamas… Haïti a le plus souffert puisqu’on dénombre plus de 1000 morts. Ce week-end, le cyclone Sarika s’est attaquée à l’île de Haïnan, au sud de la Chine. La ville de Haïkou, la capitale, a subi d’énormes dégâts causés par les vents et la pluie. En quoi, ce qui s’est passé là-bas peut nous servir de leçons ?

La première leçon, c’est que notre tour viendra. Et, “une personne avertie, en vaut deux”. Jusqu’à ce jour, l’Homme est capable d’étonnantes prouesses mais il n’a jamais réussi à modifier le cours l’un cyclone. Il doit s’y adapter. En prévision de l’arrivée de Matthew sur la Floride, les Etats-Unis ont fait évacuer 2 millions d’habitants. Ce pays a beau être le plus puissant de la planète, il est minuscule devant ce phénomène naturel. Les dirigeants de la 2e économie du monde, la Chine, ont fait la même chose en ordonnant des plans d’évacuation d’urgence. Mais, surtout, ils ont fermé l’aéroport et stoppé tous les transports terrestres et maritimes. Pour la seule journée, d’hier, mardi, 250 vols ont été annulés, à l’aéroport international de Haïkou ! Les écoles ont été fermées. La vie s’est arrêtée pour laisser passer plus fort que soi.

La deuxième leçon, c’est que l’information et la formation sont essentielles afin d’ériger des plans de précautions tranquillement. Personne n’a envie de voir le toit de sa maison s’envoler, son économie dévastée ou bien vivre des journées entières sans eau et sans électricité. L’anticipation évite la panique, avec les rayons des commerces vidés en pleine vigilance cyclonique.

Dans tous les cas, les politiques se montrent-ils à la hauteur de la situation ? A voir les préoccupations des élus actuellement, ce n’est pas leur priorité. A La Région, on continue à construire un monstre en mer. De plus en plus de gens sont étonnés par la hauteur des murs. On a du mal à croire que l’intelligence humaine ait été mobilisée pour construire ce “gros machin” uniquement pour faire passer quelques véhicules dessus !

J.B.