Edito

Les oubliées de la prise en charge de la dépendance

David Gauvin / 6 octobre 2020

La crise Covid a mis en avant la fragilité du système de santé. Mais quand le Ségur s’occupait des professionnels de santé, une catégorie de personnel a été oubliée. Celles-là sont en première ligne dans la prise en charge de la dépendance à domicile : les aides à domicile.

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L’aide à domicile est un gisement d’emplois. La suppression de l’aide de l’État pour l’emploi à domicile est une mesure qui risque d’aggraver la situation dans un pays où le chômage s’aggrave.

Tout d’abord il convient de rappeler ce qu’est une aide à domicile. L’aide à domicile s’occupe d’aider les personnes qui ne sont pas indépendantes ou qui sont partiellement dépendantes à satisfaire leurs besoins primaires et à effectuer les activités de la vie quotidienne. En général, une aide à domicile s’occupe des personnes âgées, malades ou handicapées, les aide à effectuer les actions quotidiennes (comme se lever, se laver, s’habiller, manger, etc.) et les conforte par sa présence.

Ce sont des professionnels du domicile et à ce titre, sont diplômés à minima d’un diplôme d’Etat de niveau CAP. Mais alors, pourquoi sont-elles prises pour des femmes de ménage. La raison est certainement historique. Comme tout nouveau métier, il était exercé par des anciens personnels de maison. Mais face au défi que représente la prise en charge à domicile, le métier a été professionnalisé. Les aides à domicile assurent au quotidien une présence en première ligne après des personnes fragiles qui ne peuvent plus faire seul les actes de la vie quotidienne.

Les aides à domicile sont rémunérées sur la base de montant de prestation défini par le Conseil départemental. Nous voyons les différents présidents pleurer à chaude larme sur leur situation, mais qu’ont-ils fait pour la reconnaissance du métier ? Aujourd’hui le tarif de l’Allocation Personnalisé à l’Autonomie est à 19,12 euros soit presque 2 euros de moins que le tarif national de convergence. Il est grand temps d’agir afin de reconnaître leur travail en augmentant immédiatement le tarif de l’APA, et en s’assurant que cette augmentation aille sur la fiche de paye de l’aide à domicile.

« L’homme ne se nourrit pas seulement de pain ; il faut donner à ceux qu’on emploie un salaire et un idéal. Mais l’homme se nourrit d’abord de pain ; il ne faut pas oublier le salaire sous le prétexte qu’on fournit l’idéal » Auguste Detoeuf

Nou artrouv’

David Gauvin