Edito

Les plages de La Réunion condamnées à disparaître par le changement climatique

J.B. / 22 mars 2018

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Après les passages successifs au large de plusieurs tempêtes tropicales depuis le début de l’année, les plages des Roches Noires et de Boucan Canot à Saint-Gilles ont été fermées. La raison : il n’y a plus assez de sable. C’est la conséquence des fortes houles qui ont accompagné les tempêtes. Il a donc suffi de trois mois pour quasiment rayer de la carte deux plages parmi les plus fréquentées de La Réunion.

Il faudra sans doute d’importants travaux pour tout remettre en état et permettre à ces plages de redevenir ce qu’elles étaient… jusqu’à la prochaine forte houle. Car l’érosion des plages est la conséquence d’un phénomène aujourd’hui inéluctable : la montée du niveau de la mer. En raison de la pollution de l’atmosphère par les gaz à effet de serre, le climat s’est réchauffé, cela a fait fondre des glaciers et cela dilate le volume des océans. La Réunion ne subit que le début de ce phénomène.

Car les prévisions font état d’une hausse minimale supplémentaire d’un mètre au cours des prochaines décennies. Cette hausse sera progressive. Chaque année, la houle sera plus haute, et les vagues iront toujours plus loin à l’intérieur des terres. Les plages sont donc condamnées par le changement climatique.

Un tel exemple doit faire réfléchir au sujet des projets d’aménagement du littoral. Il est notamment question de construire une ville nouvelle de plusieurs dizaines de milliers d’habitants à Cambaie, une plaine côtière. Avec la montée du niveau de la mer, que deviendront ses habitants, quel avenir pour les infrastructures qui auront été construites ?

Plus que jamais, il est nécessaire de tenir compte du changement climatique pour tout aménagement. Les plages des Roches Noires et de Boucan Canot sont là pour rappeler cette évidence.

J.B.