Edito

Les Rohingyas pris au piège d’un régime d’apartheid constituant un crime contre l’humanité

Jean / 23 novembre 2017

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Barbet Schroeder : « Aung San Suu Kyi […] n’a pas eu la curiosité de vérifier ce qui se passait sur le terrain parce qu’elle avait peur de ce qu’elle ne voulait pas savoir ».

Aung San Suu Kyi : « Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, […] »

Syrie, Ukraine, Irak, Kurdistan, Myanmar-Birmanie, Afghanistan, Yémen, Libye, Sud-Soudan, Tchad, Mali, Niger, République démocratique du Congo, Sud-Kivu, Centrafrique, etc hélas !

NOUS vivons, nous dit-on, dans un monde en paix. Et NOUS avons la naïveté d’y croire. Naïveté ?

Ou bien, tout comme le fait aujourd’hui Mme Aung San Suu Kyi, avons-nous peur de ce que nous ne voulons surtout pas savoir au point de nous boucher oreilles et yeux pour tenter de vivre en paix tandis que, jour après jour, meurent des milliers de nos sœurs et frères humains ? Ces questions que je me pose me troublent. Et lorsque je les pose à certains de mes amis, je sens qu’elles dérangent et parfois même agacent.

Nous voudrions tellement croire qu’à l’image de Nelson Mandela, un prix Nobel de la Paix consacre et consacrera toujours des êtres capables de représenter ce qu’il y a de meilleur en la personne humaine et que, grâce à ces personnages, la paix ne cesse d’étendre son domaine.

En avons-nous pourtant signé des pétitions et des pétitions en faveur de Mme Aung San Suu Kyi, en avons-nous entendu des chansons exigeant le respect de ses droits, en avons-nous vu de ces documentaires et films consacrés à son inflexible courage, et combien nous sommes-nous enthousiasmés de son discours lorsque le Nobel de la Paix lui a été décerné : « Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime… » « Dans sa forme la plus insidieuse, la peur prend le masque du bon sens, voire de la sagesse, en condamnant comme insensés, imprudents, inefficaces ou inutiles les petits gestes quotidiens de courage qui aident à préserver respect de soi et dignité humaine. […] Dans un système qui dénie l’existence des droits humains fondamentaux, la peur tend à faire partie de l’ordre des choses. Mais aucune machinerie d’État, fût-elle la plus écrasante, ne peut empêcher le courage de ressurgir encore et toujours, car la peur n’est pas l’élément naturel de l’homme civilisé. » (16 juin 2012 - Discours de Mme Aung San Suu Kyi recevant le Prix Nobel de la Paix).

Mais aujourd’hui, alors que la résolution 1325 des Nations unies impose aux Etats de prendre les mesures nécessaires à la protection des femmes contre les violences sexuelles dans les conflits, Mme Aung San Suu Kyi élude toutes les questions posées sur le sort des Rohingyas, interdit qu’ils soient désignés autrement que comme “Bengalis”, refuse toute interview à des journalistes musulmans (y compris BBC), et ne prend toujours pas position pour que cessent ces violences au nombre desquelles la barbarie du viol des femmes Rohingyas comme arme de guerre.

NOUS vivons dans un monde de paix, NOUS !

Silence ! On tue ! On viole des femmes au prétexte qu’elles appartiennent à une minorité de confession musulmane dont Mme Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix, ne tolère même pas que le nom soit prononcé.

Jean