Edito

Les sommets du G7 et de l’OCS sont terminés. Trump et Kim entrent en scène mardi

Ary Yée Chong Tchi Kan / 11 juin 2018

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Trump a refusé de signer la déclaration finale du G7. C’était l’une de nos hypothèses. Il continuera de taxer ; ce sera bientôt l’automobile, après l’aluminium et l’acier. On n’a plus revu les bisous diplomatiques de Macron. Ce dernier rentre bredouille.

Au G7, tout le monde attendait Trump au tournant. Macron et Trudeau avaient miné son arrivée par des déclarations belliqueuses. Il est arrivé en retard et il est reparti avant la clôture. Il avait un alibi en or pour s’éclipser : la rencontre avec Kim Jung Un. En clair, il a dicté à ses amis son calendrier et a bousculé le bel ordonnancement du sommet. Le président américain s’est montré inflexible sur les taxations qu’il a imposées depuis le 1er juin et s’est montré menaçant vis-à-vis de ses amis qui seraient tenter de prendre des mesures de rétorsions. Pour la première fois, il a donné un sens précis à sa politique : « Les États-Unis ont été exploités pendant des décennies, on ne peut pas continuer ainsi ». On peut donc penser qu’il a pris la décision d’assainir les dépenses de son pays qui vit sur une dette de 20 000 milliards de dollars. Pour y arriver, il a besoin de renouer avec Poutine, un homme qui l’a toujours respecté. Insidieusement, il a fixé le prochain objectif du G7 : ce sera avec Poutine.

A l’autre bout de la planète, Poutine recevait l’insigne de l’Amitié des mains de Xi et passait de bons moments à fabriquer des spécialités culinaires chinoises, à Tianjin, ville moderne et port d’entrée de Beijing. Les 2 dirigeants ont dû commenter le G7 et l’opération de séduction de Trump. A tous points de vue, c’était une mise en bouche avant le copieux menu de l’OCS qui s’est tenu sur la presqu’île de Qingdao qui fait face à Tianjin. Et quand Trump déclare qu’il est fatigué de voir son pays exploité, Xi Jinping a dû sourire. En effet, la Chine a été attaquée militairement et occupée durant plus d’un siècle par ces pays qui composent le G7. L’invasion japonaise a été la plus atroce. Tianjin été colonisé et exploité par la France et Qingdao par l’Allemagne. La célèbre bière “Tsingtao” vient de là. La Chine va en profiter pour accélérer la négociation sur les taxes douanières.

Confronté à la sérénité de l’OCS, comme pôle de sécurité et de prospérité, et le tumulte au G7, Trump est contraint à une réussite avec Kim. Il évoque l’hypothèse d’un échec comme pour exorciser le mal. Son départ précipité pourrait aussi signifier qu’il doit encore valider le travail des négociateurs. Kim est déjà sur place. Les choses sérieuses se passent généralement en coulisse. Si l’on tient compte des confidences du président du Nord à son homologue du Sud sur ses retards en infrastructures, le processus de Paix sur la péninsule pourrait conduire à un important volet d’investissements. Nul doute que Singapour va se positionner fortement.

Ary Yee Chong Tchi Kan