Edito

Macron, Président de l’Union Européenne ?

J.B. / 5 mars 2019

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Le Président français a attendu l’issue des négociations engagées par la Chine et les États-Unis avant d’adresser son courrier aux citoyens européens. L’horizon dégagé sur l’immédiat, il en profite pour tenter de s’imposer comme le 3e homme du moment présent, le Chef de l’Union Européenne.

La date butoir pour arriver à des accords commerciaux bilatéraux entre les 2 grandes économies a été prorogée jusqu’à la fin de ce mois. Une séance de signature est prévue aux États-Unis, accréditant ainsi la thèse d’une victoire totale de Trump. Le contenu est très attendu pour évaluer les dégâts directs et collatéraux. Mais à tout le moins, Trump disposera d’ un standard pour fixer ses conditions aux autres pays attaqués par cette guerre commerciale. L’Union Européenne est le prochain rival sur la short-liste de Trump.

Nous avons eu un avant goût à la réunion du G7 au Canada, en juin dernier. Il a lancé les attaques commerciales juste avant de s’y rendre et il passé son temps à torpiller les discussions. Il a fini par refuser la signature de la déclaration finale par un tweet dans l’avion qui le conduisait à Singapour pour rencontre le Président Kim Jeung Un. Son argumentaire est basique : « Nous sommes la tirelire que le monde entier pille. Cela va cesser ». On n’avait jamais vu une telle attitude dans les relations entre pays occidentaux. Pour corser le tout, il a réclamé le retour de la Russie dans le groupe.

Cette année, c’est la France qui préside le G7 et un sommet est prévu, en août à Biarritz. Pour avoir la présence de Trump, Macron joue sur 2 tableaux. Il donne des gages à Trump, notamment sur le dossier du Vénézuela quitte à porter un coup aux valeurs républicaines. Maintenant, il veut s’affirmer comme Chef de l’Union Européenne. Il écrit une lettre personnelle aux citoyens européens, faisant fi des États. Il va jusqu’à amadouer l’Italie avec qui il a un lourd contentieux mais qui est également membre du G7.

Si cette ligne supra-nationale sort minoritaire au Parlement Européen en mai, Macron aura fort à faire pour obtenir un accord de ses collègues du G7. Fini le rêve de la présidence européenne.

J.B.