Edito

Manifestation pour la régularisation de tous les migrants

Bertrand Ancelly / 8 octobre 2020

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Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Des centaines de manifestants se sont réunis à Montréal et Toronto pour demander la régularisation du statut de tous les travailleurs étrangers afin qu’ils puissent notamment bénéficier d’une meilleure couverture santé, d’autant plus essentiel en pleine pandémie de COVID-19. Leurs revendications étaient « un statut pour tous car ils sont tous essentiels ». Qu’ils soient demandeurs d’asile, étudiants étrangers ou travailleurs temporaires, ils réclament tous la régularisation de leur statut d’immigration. Comment se fait-il qu’ils y aient des personnes sans statut qui travaillent depuis 17 ans pour un salaire minable et qui ne peuvent pas se soigner ou être rapatrié chez eux en cas de maladie ?

Sans accès aux prestations gouvernementales et avec une couverture de soins limitée, ces personnes sont dans une position vulnérable face à la crise sanitaire. Leur statut précaire et le long délai du processus d’immigration limite clairement les accès aux soins de santé.

Pour contrer cela, le gouvernement fédéral prépare un programme spécial pour régulariser les « anges gardiens » qui ont protégé la population contre le COVID-19. Ces demandeurs d’asiles qui travaillent dans le système de santé seront directement concernés mais qu’en est il des métiers essentiels à la population tels que les éboueurs, caissiers de grande surface ou encore chauffeurs de bus. Malheureusement, cet accès est restreint et fera ainsi des laissés pour compte car pourquoi devrait-on privilégier une seule catégorie de personne et pas tout le monde. Cela est une forme de discrimination. C’est une décision « injuste et insuffisante » qui entraîne l’exclusion de pas mal de personnes de ce programme. La régularisation complète et pour tout le monde serait une manière de mettre de côté les différences de couleur de peau, de religion.

Ce mouvement prend de plus en plus d’ampleur, surtout en Ontario, depuis que des travailleurs temporaires étrangers sont décédés des suites de la COVID-19.

Bertrand Ancelly