Edito

Manifestations du 17 novembre : l’importance d’être vigilant

J.B. / 15 novembre 2018

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Lors des régionales de 2010, Gilbert Annette a fait le choix de faire perdre l’Alliance, majorité sortante. Le maintien de la liste socialiste au second tour a permis à celle conduite par Didier Robert d’obtenir une majorité relative, suffisante pour obtenir la majorité des sièges à la Région Réunion. Une des conséquences a été une transformation fondamentale de la politique régionale. Jadis tournée vers l’investissement, la collectivité a subi une inquiétante dérive de ses dépenses de fonctionnement. Cela a été dû notamment à des mesures clientélistes financées par tous les Réunionnais : ceux qui ne voyagent pas contribuent à payer des bons de réduction pour les billets d’avion, ceux qui n’ont pas d’enfants scolarisés au lycée paient pour financer des bons d’achat de 500 euros pour les ordinateurs des lycéens, ceux qui n’ont pas de travail paient pour subventionner des associations embauchant des « emplois verts ».

Ces « emplois verts » sont des contrats aidés destinés à œuvrer dans l’environnement. Mais depuis 2010, ils ont à plusieurs reprises été utilisés pour faire masse dans des opérations politiciennes du président de Région. Des confrères avaient d’ailleurs relevé une méthode pour s’assurer que ces travailleurs étaient bien présents à ces manifestations. Voilà qui rappelait les pratiques dénoncées dans le film « Sucre amer » réalisé au cours de la campagne électorale… de Michel Debré en 1963.

Samedi 17 novembre, un mouvement est annoncé. En France, il fait suite à la hausse des prix des carburants. A La Réunion, il trouve son origine dans la vie chère, et c’est l’augmentation des taxes sur les carburants décidée par la Région Réunion qui a été la goutte d’eau qui fait déborder le vase. En réponse à ce frémissement, un « collectif » tente de dévier la protestation vers la préfecture. Sa composition interpelle, il comprend notamment des représentants d’associations embauchant des « emplois verts ». Rappelons qu’à La Réunion, l’État n’est en rien responsable de la fixation des taxes sur les carburants. C’est une prérogative exclusive de la Région Réunion comme l’a rappelé Cyrille Melchior, président du Département. Sa collectivité reçoit une partie du produit de cette taxe, mais si la Région décidait de diminuer le taux, et donc la recette, le Département n’aurait pas son mot à dire.

Ceci souligne donc l’importance d’être vigilant.

J.B.