Marée rouge en Russie : la plus grave catastrophe en Arctique depuis 30 ans

18 juin 2020, par Bertrand Ancelly

Les eaux rougeâtres d’une rivière littéralement inondée par du carburant a été l’image d’une catastrophe écologique survenu il y a quelques jours. Cette catastrophe s’est passée dans le nord de la Russie. Une situation prise très au sérieux par les autorités russes qui ont déclaré l’état d’urgence au niveau fédéral.

Cet accident s’est produit prés de la ville arctique de Norilsk, en Sibérie orientale, dans le nord de la Russie. C’est le réservoir d’une centrale thermique qui a cédé vendredi dernier, déversant dans la riviére Ambarnaïa 20 000 tonnes de diesel. Soit l’équivalent de 350 wagons-citernes.
Malheureusement, 180 000 mètres carrés de terrains ont également été pollués avant que l’hydrocarbure n’atteigne le cours d’eau. Mais la situation est loin d’être réglée car les opérations s’annoncent très délicates. La rivière, peu profonde, est particulièrement difficile à nettoyer car elle est impraticable à la navigation. Et la zone, isolée et marécageuse, est difficilement accessible par la terre.

Plusieurs moyens ont été mis en œuvre pour contenir la pollution. Des barrages flottants ont été installés pour éviter que la nappe toxique n’atteigne le lac Piassino, au nord puis, l’océan Pacifique. Le ministère russe des situations d’urgence a déclaré que la progression des hydrocarbures était « stoppée », alors que les scientifiques estiment qu’il faudra plusieurs décennies pour que la pollution disparaisse de la région. Encore une fois, les scientifiques ne sont pas écoutés… à croire que c’est une spécialité de tous les gouvernements !

Cette fuite à l’origine de l’accident est apparue sur la cuve d’une centrale appartenant à une filiale du géant minier russe Norilsk Nickel. Ce dernier est l’un des premiers producteurs mondiaux de nickel et de palladium, n’en est pas à son premier accident écologique : en 2016, une de ses usines avait déversé par inadvertance des produits chimiques dans une rivière proche de l’actuelle catastrophe ! Qu’attend l’Etat pour réagir ?
Rappelons-le, les responsables de la centrale ont tenté durant les deux premiers jours de cacher l’incident, avant d’être dépassés par l’ampleur de la catastrophe. Ils ont clairement tardé à réagir et à prendre des mesures pour limiter la pollution.

Bertrand Ancelly

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