Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
24 août 2013, par

Élu sénateur, Paul Vergès avait consacré son mandat pour placer La Réunion et la France dans l’ère de la protection de l’environnement et du développement durable. Avec la création de l’ONERC dont il a été le président, il avait insufflé l’ambition de participer à la sauvegarde de notre patrimoine vert. À la tête de la Région Réunion, son équipe et lui avaient mis en œuvre une politique très volontariste dans ce sens : subvention des chauffe-eau solaires, sanctuarisation d’espaces marins et forestiers, afin d’y protéger une faune et une flore fragile, tout en offrant un poumon vert à île. Le projet d’un tram-train participait également à l’objectif.
Nous étions un exemple, à tel point que tous les présidentiables de passage dans l’île pouvaient gloser à leur guise.
Aujourd’hui, la réalité est toute autre. Depuis quelques mois, nous avons tourné la page à cette ambition d’envergure mondiale. Finie la phrase emblématique « nous n’héritons pas de la terre, nous gardons pour nos enfants » ; aujourd’hui la tendance est à la toute puissance de l’Homme. Cette semaine, l’actualité a été le grand témoin de ce revirement de situation qui fait régresser notre île.
Il y a d’abord les requins. Sans mesurer les autres risques et phénomènes qui s’y apparentent, l’État dans un souci de « paix sociale », propose l’extermination massive de 90 requins, sous couvert bien sûr, de recherches scientifiques. Cette décision est dénoncée par plusieurs organisations de défense de la mer et de l’environnement ; des pétitions ayant déjà dépassé plusieurs milliers de signatures circulent sur Internet. Mais nous, Réunionnais, nous laissons notre pays foutre le camp ! Pire, certains politiques défendent becs et ongles ce genre de solutions irréfléchies et extrémistes ; des particuliers n’hésitent à braver les interdits, cette semaine, des restes de trois requins zépine ont été retrouvés sans que La Réunion ne s’en émeuve.
Ensuite, il y a la Route en mer. La, c’est le même scénario. Au nom de la domination humaine, on est prêt encore une fois à sacrifier le domaine maritime. Construction, déversement de déchets, pollution… Et là encore, l’État se pose en soutien de ce projet. Le comportement de son représentant lors du procès intenté par l’alliance contre ce projet est flagrant. Après tout, ça coûte quoi de sacrifier l’écologie d’une petite île comme la nôtre ? Et nos politiques sont les commanditaires ou les complices de cette tuerie écologique que nous infligeons à notre île.
La Réunion aurait-elle résolument tourné la page à cet idéal écologique ? Faudra-t-il attendre que le salut vienne de l’extérieur ? Peut-être est-il nécessaire de créer un tribunal international pour juger les crimes causés à l’environnement. Mais pouvons-nous vraiment nous payer le luxe que cela se fasse pour défendre notre patrimoine environnemental ?
J.B.
Nos peines
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