Edito

Mayotte : poursuite du mouvement car les promesses n’engagent que ceux qui y croient

J.B. / 15 mars 2018

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Avant-hier soir, Annick Girardin a rencontré pendant cinq heures les représentants de l’intersyndical, des élus et des représentants du collectif des citoyens inquiets de Mayotte. À l’issue de ces échanges, un appel à lever les barrages a été lancé. Cette décision de représentants des manifestants s’est faite sur la base de promesses orales, avec des engagements sur des mesures qui seront prises par Paris dans un délai d’un mois. D’où un appel de la délégation à lever les barrages pendant un mois.

Forte de cet accord basé sur « la confiance mutuelle » comme l’a précisé en substance son communiqué, la ministre des Outre-mer a repris l’avion mardi soir. Hier, les membres de la délégation reçue par la représentante du gouvernement ont donc présenté le résultat de l’entretien. Force est de constater qu’ils n’ont pas réussi à obtenu la suspension du mouvement pendant un mois. En effet, aucun accord écrit n’a été signé par la ministre. Les manifestants veulent des réponses concrètes et écrites à leurs revendications.

La conclusion d’un accord basé uniquement sur des paroles avait de quoi surprendre. En France, il aurait été inimaginable qu’un ministre puisse régler un problème de cette façon. Rappelons qu’à la veille de la visite de la ministre, les élus qui refusaient d’organiser l’élection législative partielle dimanche sont revenus sur leur décision, et ont été reçus par la ministre. Mais si des élus veulent donc aider Paris à organiser une élection, il n’est pas dit que la population suive. En effet à Mayotte, la succession des élections n’ont pas permis de répondre aux problèmes de la population. Les passages de ministres et de présidents de la République ont été tout aussi inefficaces. Ceci rappelle une nouvelle fois l’incapacité de Paris à régler un problème dont la France porte l’entière responsabilité.

J.B.