Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
29 avril 2011, par

« Concurrence libre et non faussée » : c’est au nom de ce dogme mille fois asséné que sont quotidiennement remises en cause les protections dont bénéficient encore les individus et les producteurs les plus fragiles. Déclinée au travers d’un corpus impressionnant de traités, de directives, de recommandations, la « concurrence libre et non faussée » impose la suppression de tous les obstacles, même les plus minimes, à la « liberté des marchés ».
Une « liberté » qui, selon la conception cynique à devanture naïve de la pensée libérale, annonce à la fois la félicité des plus riches et celles des plus pauvres. Laissons les lois du marché réguler elles-mêmes tous les aspects de la vie économique, sociale et culturelle : nous verrons alors s’accomplir le miracle d’un ajustement de l’offre à la demande, des prix au pouvoir d’achat réel, des salaires aux besoins, disent les sectateurs de la « concurrence libre et non faussée ».
Dans ce schéma, l’État a bien entendu le mauvais rôle… du moins l’État dans sa dimension redistributive et sociale. Cet État-là, forgé par un siècle d’engagements syndicaux et politiques, est aux yeux des chantres des « marchés » l’auteur de toutes les atteintes aux libertés, la cause de tous les blocages, la source de tous les maux. Dans le monde imaginaire de la « concurrence libre et non faussée », l’État devient subsidiaire, sinon inutile. N’ayant d’autre souhait que de créer de la richesse au bénéfice du plus grand nombre, les opérateurs économiques tirent indéfiniment les prix vers le bas, au plus grand bénéfice du consommateur. L’État n’apparaît plus que de loin en loin, pour faciliter le règlement des rares litiges qui pourraient subsister. Voici, en résumé, ce que l’on nous vend depuis belle lurette pour nous persuader qu’il faut démanteler nos services publics, faire sauter toutes les barrières douanières sans exceptions, écraser les salaires et bannir toute idée de contrôle ou de regard citoyen sur les prix.
La réalité réunionnaise, peut-être plus décelable parce qu’elle concerne un territoire exigu, donne quotidiennement à voir ce que valent ces préceptes : mensonges, arnaque et poudre aux yeux. Elle montre que là où toute volonté de régulation a été abandonnée, règnent en maîtres les accords de cartel, les monopoles de fait, les ententes illicites. Que la richesse de quelques-uns ne fait pas la richesse de tous les autres. Qu’en l’absence de mécanisme de contrôle et de transparence, les entreprises s’entendent comme larrons en foire pour plumer les consommateurs. Et que l’État, loin d’assumer un rôle de médiateur, participe activement à l’extorsion permanente à laquelle ils sont soumis. Les crises récentes dans le secteur de l’électricité nous en ont fourni encore un exemple éclatant : dans un marché dominé par deux opérateurs, EDF et la Séchilienne-SIDEC, le droit du consommateur est inexistant… Le Préfet n’intervient que pour réprimer les syndicalistes et garantir les bénéfices de l’entreprise.
Et que dire du tandem Elf-Shell ? Les deux enseignes détiennent ensemble la grande majorité des points de vente dans notre île. Total, qui a fusionné avec Elf, gère de surcroît le réseau de distribution "Shell". Elles sont les seules actionnaires de la SRPP, qui détient le monopole du stockage. Elles acquièrent « librement » les hydrocarbures sur le marché de Singapour, à des prix qu’elles n’ont jamais révélés aux Réunionnais. Des rapports tout ce qu’il y a de plus officiels, tels que celui remis par la Haute autorité de la concurrence le 24 juin 2009, ont pointé les « déformations » à la concurrence qui découlent de cette entente. Total a d’ailleurs elle-même reconnu le caractère « anormal » de cette situation… sans rien y faire pour y remédier. Pourquoi l’aurait-elle fait, puisqu’elle est protégée par l’État qui, répétons-le encore une fois à ceux qui ne veulent rien entendre, « s’exécute » lorsque les pétroliers établissent les prix, dixit la même Haute autorité ?
G.G.-L.
IEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Mézami pou sak la viv lontan dann nout péi La Rényon-dizon pou sak la konète la loi disnèf mars 1946 kan l’arivé, zot téi panss sirman la fain (…)
Plusieurs millions de personnes supplémentaires en insécurité alimentaire
Vote unanime d’une loi à l’Assemblée nationale à Paris
IEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient » Économie réunionnaise : le calme avant la tempête Kansa (…)
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture
Messages
29 avril 2011, 02:01, par andrun
Bravo G.G.-L. et merci pour tes explications sur la provenance et le stockage des hydrocarbures à la Réunion, qui quelque soit l’enseigne : SHELL, ELF, TOTAL, font partie du même consortium, donc plus du tout de « concurrence libre et non faussée », puisque ici c’est l’Etat qui fixe le prix, et si j’ai bien compris, aurait voulu le fixer encore plus haut à partir du 1er mai.
Quand est-il pour TAMOIL ?
Pourquoi les mêmes prix partout ?
Faut-il, comme en France, attendre que les Ets LECLERC, avec le critère de la « concurrence libre et non faussée » nous vendent son essence ou son gasoil à meilleur prix ?
Quel est l’oligarque derrière tout çà ?