Edito

« Mes convictions contre le réchauffement climatique peuvent l’emporter sur une forme de confort »

J.B. / 21 juin 2018

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La lutte contre le changement climatique devient une cause de plus en plus partagée. Ceci permet de mesurer le chemin parcouru depuis le vote à l’unanimité en 2001 de la proposition de loi de Paul Vergès faisant de la lutte contre le réchauffement climatique une priorité nationale. Cette loi a positionné la France comme chef de file dans cette bataille, ce qui lui a permis d’organiser en 2015 la COP21, lieu d’un traité historique, l’Accord de Paris.

L’Accord de Paris s’impose aux Etats, il fixe des objectifs : limiter la hausse des températures à 1,5 degré de plus qu’avant la Révolution industrielle en Europe. Cela suppose des mesures drastiques pour aller vers une nouvelle civilisation. Si la Chine a fait expertiser toute sa législation pour évaluer son dégré d’adaptation à l’Accord de Paris, la France ne l’a pas encore fait. Se pose alors la question de l’efficacité des institutions face à cette nouvelle donne. Yves Jégo donne sa réponse : l’ancien ministre démissionne de l’Assemblée nationale le 15 juillet pour investir son temps dans une société qui travaillera pour la transition énergétique. Voici un extrait de l’interview qu’il a donnée au « Parisien » du 18 juin dernier :

« J’ai pris cette décision après 28 ans de vie politique, 16 ans de vie parlementaire, j’ai été élu 4 fois député, quatre fois maire et je suis militant d’un parti politique depuis bientôt quarante ans ! La vie politique n’est pas un viager. Je l’ai vécue avec passion mais j’ai envie aujourd’hui d’aller m’investir ailleurs. »
« Je ne cherche surtout pas à verser dans l’antiparlementarisme. Mais le monde a changé plus vite que les institutions. Le Parlement est devenu un outil conservateur plutôt qu’un levier d’innovation et d’anticipation. Les raisons sont multiples ; le poids des lobbys, les habitudes, la discipline majoritaire, les petits jeux politiques… Les grandes causes avancent plus désormais grâce aux start-up ou aux ONG que grâce aux députés. Le rythme du monde s’est accéléré, pas celui du Parlement ! J’espère donc être plus efficace dehors que dedans ! »

Et de conclure :

« Je voudrais démontrer simplement par ce geste que mes convictions au service de la lutte contre le réchauffement climatique peuvent l’emporter sur une forme de confort. »

Yves Jégo jette un pavé dans la marre. Les institutions sauront-elles s’adapter au monde qui change ?

J.B.