Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
21 octobre 2020, par

La semaine passée a été marquée par l’assassinat en France de Samuel Paty, enseignant. Ce crime, particulièrement choquant a eu des répercussions sur l’ensemble du territoire de la République. Ne nous attardons pas sur le déroulé que tout le monde connaît, ou sur la question de la liberté d’expression, bien entendu plus que légitime mais plutôt sur les réactions du gouvernement, avant et après le drame.
En effet, nous assistons avec ce crime à un triple scandale d’État. Non seulement l’État et le gouvernement sont responsables de ce qu’il est arrivé, mais, en décidant de répondre complètement à côté des manquements soulevés par cet acte en jouant la carte du racisme d’État et de l’islamophobie la plus rance, ce sont des choses bien plus graves qu’ils peuvent provoquer.
L’État et le gouvernement sont en effet responsables, car il y a eu de nombreuses alertes, et ce depuis des années sur les manquements de l’Éducation Nationale envers ses agents.
Si la sécurité de l’ensemble des travailleurs est essentielle, qu’ils soient du public ou du privé, et que tous subissent aujourd’hui le mépris de l’État vis-à-vis de leurs conditions de travail, les enseignants ont été une des professions à le plus se faire remarquer sur cette question ces dernières années.
Ainsi, le mouvement de 2018 « Pas de vague » montrait déjà le mal-être des enseignants vis-à-vis de leur hiérarchie, accusée de les abandonner.
Mais c’est malheureusement avec ce drame que ces manquements sont les plus criants. En effet, alors que de nombreuses mesures auraient pu être prises par l’Éducation Nationale, et par extension par l’État pour protéger Samuel Paty, rien n’a été fait, le laissant ainsi seul face aux menaces. La suite est connue.
Mais alors que le gouvernement aurait pu répondre de façon juste et appropriée par un hommage et des mesures fortes visant à réparer les erreurs manifestes commises qui n’ont pas permis de protéger Samuel Paty, les plus hauts responsables de l’État que sont le président et les ministres ont décidé de détourner ce qui était jusque-là un scandale d’État en un prétexte pour toujours plus de racisme et notamment d’islamophobie décomplexée, le tout en faisant des amalgames extrêmement dangereux.
Ainsi, ils ont décidé de viser les « étrangers » et l’Islam, qui sont par ce fait entendus comme étant responsables de ce drame. Or, en faisant cela, ils se rendent maintenant coupables et soutiens de nombreux autres crimes, qui visent et viseront évidemment les plus vulnérables d’entre nous car déjà ciblés depuis des années, c’est-à-dire les immigrés et descendants d’immigrés, les sans-papiers, les musulmans et, par extension, tous ceux n’ayant pas le faciès du bon blanc.
Ne laissons pas ce gouvernement nous diviser : le problème n’est pas l’Islam ou les non-blancs, mais bien celui d’un État qui abandonne ses travailleurs, qu’ils soient du public ou du privé, et plus largement l’ensemble de la population. Alors unissons nos forces et battons-nous plus que jamais pour un avenir meilleur, un monde plus juste et plus solidaire.
Mathieu Raffini
Nos peines
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