Edito

Mutations à La Réunion dans l’Education nationale : un système à remettre en cause

J.B. / 14 avril 2017

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Comme chaque année, le problème des mutations des futurs enseignants titulaires réunionnais est posée. À la rentrée prochaine, la moitié de professeurs stagiaires devront aller en France pour prendre leur premier poste de titulaire. S’ils veulent rester à La Réunion, ils n’ont comme seule possibilité que de démissionner, ce qui leur fait perdre le bénéfice du concours. Soutenus par la FSU, ils ne comprennent pas le choix de l’Éducation nationale, car le nombre postes vacants à La Réunion est plus grand que celui des professeurs stagiaires envoyés en France.

Chaque année ce sont donc les mêmes revendications. Dans l’Education nationale, un fonctionnaire titulaire né à La Réunion bénéficie d’un bonus de 1000 points s’il demande un poste à La Réunion. Ces 1000 points correspondent à plus de 20 années d’ancienneté dont une partie en zone d’éducation prioritaire. Ceci permet malgré tout à la plupart des enseignants réunionnais qui le souhaitent d’être nommés à La Réunion au bout de quelques années. Ainsi, la majorité des « nouveaux arrivants » de la rentrée sont des Réunionnais qui reviennent d’une académie située en France. Mais force est de constater que ce retour n’est pas systématique, et car des enseignants réunionnais se plaignent d’être bloqués longtemps en France.

Ce système introduit des inégalités et ne règle pas le problème. Le bonus des 1000 points n’existe pas dans d’autres administrations. C’est pourquoi il est quasiment impossible à un policier réunionnais de revenir dans son île, à moins de bénéficier d’un soutien au cas par cas d’un responsable politique ou d’un syndicat. Il inscrit aussi une discrimination entre Réunionnais, car ceux qui ne sont pas nés dans l’île mais y ont grandi et y ont leur famille n’ont pas droit aux 1000 points.

Le PCR propose de remettre en cause ce système par l’intermédiaire d’un moratoire dans les règles de recrutement dans la fonction publique. Il demande que les postes disponibles ne soient plus dans le mouvement national. Il propose qu’ils soient d’abord pourvus par des Réunionnais qui disposent des qualifications nécessaires. C’est cette méthode qui avait été mise en œuvre dans les années 1960, quand les besoins en instituteurs étaient très importants à La Réunion. Un concours spécifique à La Réunion pour des postes dans notre île avait donc été mis en place. Appliquée à l’Education nationale, cette proposition permettra aux stagiaires habitant La Réunion de pourvoir aux postes vacants à La Réunion.



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  • Bonjour,

    en tant qu’enseignant réunionnais en métropole depuis plusieurs années et ayant obtenu sa mutation à La Réunion cette année, je me permets de donner mon avis sur ce point.

    - Tout d’abord concernant l’attribution des CIMM, il faut savoir que le fait d’être né à La Réunion n’est pas le seul critère pris en compte et encore moins le critère principal. Il y a une liste de critères, et plus on en remplit, plus on a de chances d’avoir ces points : études faites à La Réunion, parents résidant à La Réunion, compte bancaire ouvert à La Réunion (que même des non réunionnais peuvent ouvrir), justificatif d’adresse sur l’île type factures (que même des non réunionnais peuvent obtenir), biens fonciers sur l’île (même des non réunionnais peuvent en avoir), nombre de séjours dans l’île (billets d’avion) etc...Et il y a même une case "Autre critère d’appréciation" à la fin de la liste.
    Vous constaterez que pour certains de ces critères, il n’y a pas besoin d’être réunionnais ni même d’être né à La Réunion pour les remplir. Et le résultat est que pour beaucoup de réunionnais, ces points ne suffisent pas.

    - Ensuite, concernant votre proposition d’ouvrir une session de concours réservant des postes aux enseignants réunionnais : pour moi c’est une bonne idée mais qui visiblement ne profiterait qu’aux nouveaux enseignants. Ceux qui sont déjà en métropole depuis plusieurs années et qui n’ont pas assez de points, eux, n’en bénéficieraient pas malheureusement, et cela rendrait la mesure très injuste.
    Il faudrait donc, à mon sens, d’abord penser à ceux-là avant de penser aux nouveaux collègues.

    - Enfin, je partage tout à fait votre point de vue sur le fait qu’on envoie des néo-titulaires en métropole alors que des postes sont à pourvoir à La Réunion. Mais vous savez quelle en est la raison : cela permet au rectorat d’embaucher des contractuels qui coûtent moins cher...Ce système est très injuste pour ceux qui passent par la voie classique du concours, des postes leur passent sous le nez pour être pourvus par des contractuels n’ayant pas passé le concours mais faisant le même travail que des titulaires. Mais cette situation n’est pas nouvelle...

    Voilà mon point de vue sur ce sujet épineux.
    Certaines choses sont à changer dans les critères CIMM, à mon sens certains critères devraient être prioritaires par rapport à d’autres.
    Sur votre proposition d’un concours réservé, il faudrait d’abord trouver une solution pour les collègues déjà en métropole.
    Et concernant les contractuels, je ne conteste par leur existence, mais je ne trouve pas ça normal que des postes soient "bloqués" pour eux au détriment d’enseignants passant par le concours.

    Courage aux collègues pour leurs revendications ainsi qu’à ceux de métropole souhaitant rentrer sur l’île.

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  • Merci pour ces précisions, de mon côté, j’ai appris qu’il y a une solution pour se rapprocher d’ici, pour les néo titulaires, qui n’ont pas assez de points et qui réchignent à rejoindre la banlieue parisienne, ce qui se comprend très bien, c’est de proposer sa candidature pour Mayotte, Original non ? j’ai appris qu’il est très facile d’avoir un poste là bas, que l’on est encore plus indexé qu’ici, que les élèves sont très sympas et qu’il y a la ligne aérienne entre ces deux départements, donc la possibilité de venir à chaque vacances si vraiment on veut revoir la Réunion. Pour faire des économies, je propose que les rectorats de Mayotte et de la Réunion fusionnent pour former "l’Académie de l’Océan Indien", avec deux départements, c’est très faisable, une académie plus grande soit mais pas aussi que celle de Toulouse, aussi vaste que la Suisse il parait ! Idem aussi pour une "Académie de l’Océan Atlantique" qui réunirait celles de Guadeloupe, Martinique et Guyane d’actualité, puis une "Académie de l’Océan Pacifique"qui elle, fusionnerait celles de Wallis et Futuna, Nouvelle-Calédonie-Kanaky et de Polynésie Française, territoire du bout du monde, lieu de vilégiature actuel de l’ex président américain, aussi vaste celui-là que l’Europe !

    Voilà des pistes, des idées à mon petit niveau pour à la fois aider les profs, faire des économies, Arthur, vous souhaite de bonnes fêtes,avec du Chocolat, modéré toutefois mais local en priorité, mangeons Réunionnais ! Pas importé ! En attendant le retour du train péi lui aussi. ça brule trop d’essence ici aussi, non renouvelable, créateur de microparticules cancérigènes.

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