Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
29 avril 2014, par

Le « Freedom Day », le jour où les Noirs en Afrique du Sud ont eu le droit de vote, est l’occasion de se pencher sur la démocratie à la sauce réunionnaise. Les municipales du mois dernier ont enlevé les dernières illusions à ceux qui croient toujours aux élections libres dans une société « socialement hors norme ».
En Afrique du Sud, durant quasiment un siècle, seuls les Blancs avaient le droit de voter. Les métis et les indiens ont pu le faire à partir de 1983 malgré la ségrégation raciale. Et, les Noirs ont voté pour la première fois le 27 avril 1994, selon la nouvelle Constitution rédigée après la libération de Mandela. Ce dernier avait rappelé à ses concitoyens qu’ils avaient acquis le droit d’être libre mais qu’il ne fallait pas qu’ils aient des illusions de se croire déjà libres.
Lors des dernières municipales réunnionaises, seules les personnes aux revenus solvables pouvaient être autorisées à recevoir un prêt avec une banque pour leur permettre d’alimenter un compte de campagne. Ce qui excluait la moitié de la population vivant sous le seul de pauvreté ainsi que la masse des contribuables insuffisamment approvisionnés.
Nous sommes bien dans une société où la ségrégation par l’argent interdit les citoyens de désigner qui ils veulent. Ils sont libres de choisir mais n’ont pas le choix. De fait, la Liberté est un leurre. Hier, la couleur était une cause de discrimination, aujourd’hui, c’est l’argent. La bourgeoisie a crée les conditions de protéger ses privilèges.
La création du premier Conseil Municipal des Pauvres à St Paul pointe cette contradiction. Par effet miroir, il souligne l’hypocrisie d’une certaine classe sociale qui, sous des discours de gauche, est complice de cette discrimination. Du reste, tous nos 24 maires margent au premier décile dont le seuil dépasse les 3 000 euros. La désignation de Mme Vochré comme Maire des Pauvres est la caricature de ce système de représentation réactionnaire et injuste. La crise est si grave que des personnes bien pensantes contestent la légalité de cet acte symbolique, dans une tentative ultime de sauver ce modèle trompeur. Il n’y a pas de liberté dans cette société marquée par l’apartheid social. Notre « Freedom Day » est encore à conquérir.
J.B.
Nos peines
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