Nouveau cadeau au lobby du tout-automobile et des énergies fossiles : vers la suppression du malus CO2 dans les anciennes colonies intégrées à la République française ?

22 novembre 2025, par Manuel Marchal

À peine croyable : en pleine COP30, alors que les alarmes climatiques hurlent et que les pays comme La R éunion subissent déjà de plein fouet les cyclones plus violents, la montée des températures et l’explosion du coût de la vie, des députés viennent d’offrir un nouveau cadeau aux industriels du tout-automobile et des énergies fossiles. Un amendement voté à l’Assemblée nationale propose purement et simplement de supprimer le malus CO₂ pour les véhicules neufs achetés dans les pays comme La Réunion. Alors que la planète brûle, certains élus pensent que la priorité est de rendre les SUV plus accessibles.

Présenté par le député guyanais David Rimane et cosigné par le Réunionnais Frédéric Maillot, ce texte relance une vieille rengaine : celle d’un prétendu « pouvoir d’achat » défendu par ceux qui vivent de l’importation de voitures thermiques. Le SICR, qui assure que La Réunion « n’est pas prête » pour l’électrique, réclame même un moratoire… alors que ce sont précisément les retards accumulés dans la transition énergétique qui nous enferment dans la dépendance aux carburants polluants et chers.

Le lobby automobile avance toujours les mêmes arguments : relancer la consommation, soulager les ménages, éviter l’effondrement du marché. Mais aucune réflexion sur la santé publique, l’encombrement des routes, la pollution de l’air ou la précarité énergétique. Aucune remise en question du modèle : importer toujours plus de voitures lourdes, énergivores, inadaptées à l’insularité.

Pourtant, partout ailleurs, on débat de taxer les voitures selon leur poids afin de freiner la course aux SUV, responsables d’une part croissante des émissions de CO₂. Plus lourds, plus dangereux pour les piétons, plus coûteux en énergie — thermique ou électrique — ces véhicules aggravent l’empreinte écologique et sociale de nos déplacements.

À La Réunion, où l’espace est limité, où les routes saturent, où les cyclistes risquent leur vie, supprimer le malus CO₂ serait un contresens absolu. Le Sénat doit examiner la mesure avant le 31 décembre. Il lui appartient de choisir : céder une fois de plus au lobby automobile, ou défendre enfin une vision cohérente, juste et durable pour La Réunion.

M.M.

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