Edito

Nouvelle attaque contre le service public

J.B. / 12 mai 2018

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La crise financière de 2008 a été le point de départ d’une nouvelle offensive contre les droits sociaux. Elle a en effet offert un prétexte aux gouvernements pour accentuer la politique d’austérité. Son but est de remettre en cause tout ce qui a été obtenu par le mouvement social depuis le Front populaire en passant par l’application du Programme du Conseil national de la Résistance et les avancées de Mai-68.

Cette politique d’austérité a pour but de réduire les dépenses publiques. Dans le même temps, l’État se prive d’importantes recettes car il diminue les impôts payés par les plus riches. En même temps, il réduit les moyens alloués à la lutte contre la fraude fiscale en baissant le nombre d’agents du Trésor public. Or, la fraude fiscale concerne avant tout la classe la plus riche.

La conséquence de la baisse des dépenses de l’État, c’est la casse des services publics. Le mouvement social a réussi à imposer l’existence d’un service public chargé de lutter contre les inégalités. Ce service public doit permettre de se soigner, d’accéder à l’éducation et au savoir indépendamment de sa fortune personnelle. Pour fonctionner, ce service public dépend de la contribution de tous, en proportion des richesses de chacun. C’est cet outil qui est la cible des attaques du pouvoir.

À La Réunion, cela se traduit notamment par la situation au CHU de La Réunion. Prenant appui sur un déficit, le gouvernement a autorisé la direction à diminuer le personnel. Cela entraînera forcément une dégradation de la qualité de ce service public. À cela s’ajoute une offensive contre le pouvoir d’achat de ces agents. C’est ce qu’indique la décision de ne plus verser une partie du salaire, entre 40 et 300 euros, sur la base d’une recommandation de la Cour des Comptes.

Hier, la mobilisation des agents a permis de suspendre cette décision. Mais cela ne veut pas dire que ce coup ne sera pas suivi d’un autre. Plus que jamais, la vigilance est nécessaire face aux attaques contre le service public.

J.B.