Edito

Nouvelle décision judiciaire contre la route en mer : l’urgence d’une expertise financière, technique et environnementale

J.B. / 27 juillet 2019

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Mercredi, le Conseil d’État a publié une décision annulant définitivement le Schéma départemental des carrières de 2014. Rappelons que le principal objectif de ce document était de pallier à l’imprévoyance des promoteurs du projet de route en mer. En effet, ces derniers ont lancé le chantier sans avoir la certitude d’avoir les matériaux nécessaires pour le mener à bien. Rappelons que pour que ce projet soit déclaré d’utilité publique, ses partisans avaient omis d’indiquer que toute La Réunion serait concernée par le chantier. Ceci a bien sûr réduit considérablement le périmètre de l’enquête publique. Et cela a donné le ton pour la suite : l’improvisation et le passage en force.

Car pour espérer poursuivre le chantier de la route en mer, la Région a amené l’État à se mouiller en autorisant après la déclaration d’utilité publique l’ouverture de méga-carrières à des dizaines de kilomètres du chantier. Mais pour les ouvrir, il était nécessaire que l’État écrive en 2014 un nouveau Schéma départemental des carrières. ATR-FNAUT et des associations de protection de l’environnement ont effectué de légitimes recours contre cette manœuvre. Les plaignants ont été entendus en appel, et l’instance de dernier ressort, le Conseil d’État, a confirmé l’annulation de ce Schéma départemental des carrières.

Anticipant la possibilité de cette annulation, l’État a sorti une dernière cartouche : intégrer la méga-carrière de Bois-Blanc dans le Schéma de 2010 qui reste toujours en vigueur, et espérer que cette modification du document puisse passer l’obstacle du droit.
Il est manifeste que si cette manœuvre de dernière minute échouait, il en serait définitivement fini des espoirs de tous ceux qui ont cru aux promesses de Didier Robert, se sont endettés pour acheter des camions très chers sur la base de marchés qu’ils pensaient obtenir de la Région. Jean-Bernard Caroupaye, ancien président de la FNTR-Réunion, a donné le ton. Il a choisi de laisser liquider son entreprise de transport car manifestement, il ne pouvait plus attendre que le chantier promis de la digue démarre un jour.

Cela fait maintenant plus de 9 ans que Didier Robert a décidé de stopper les chantiers du tram-train et de la nouvelle route du littoral. Il est évident que s’il s’était glissé dans les pas du bâtisseur qu’était son prédécesseur Paul Vergès, les deux chantiers seraient terminés depuis plusieurs années et la question de la sécurisation de la liaison entre Saint-Denis et La Possession serait définitivement réglée. Au lieu de cela, les Réunionnais ont sur le dos un chantier toujours inachevé plus de 9 ans après la promesse d’une soi-disant « route gratuite et sécurisée ». Sans doute tout est fait pour que dans deux mois, le président de la République puisse couper un ruban à l’entrée de Saint-Denis pour signifier la livraison du viaduc s’arrêtant à la Grande Chaloupe. Livraison et pas mise en service car tout est encore loin d’être réglé pour cette demi-route en mer qui sera le bilan de Didier Robert au bout de 11 années passées à la direction de la Région Réunion. Un bilan bien maigre par rapport à celui de tous ceux qui ont présidé cette collectivité avant lui.

Pour sortir de cette crise par le haut, l’expertise technique, financière et environnementale de ce projet de route en mer est plus que jamais nécessaire. Ceci permettra enfin d’aller vers un projet au service de l’intérêt général, et qui puisse être pérenne.

J.B.