Edito

NRL : la Région ne va pas réceptionner l’ouvrage défectueux

J.B. / 11 avril 2019

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M. Fournel qui a en charge le suivi de la construction de la NRL, a été clair : tant que la Collectivité n’a pas réceptionné l’ouvrage, la responsabilité en incombe aux entreprises. Cette position est nouvelle et elle interroge.

En effet, dès le départ les entreprises avides de gros sous se sont précipitées pour se partager le bout de gras. Elles ont signé un marché sachant que les matériaux n’existaient même pas. Ce n’est quand même pas en cour de route que la question des besoins en matériaux a été soulevée. Et puis, sur quelles certitudes la Collectivité a-t-elle fait confiance aux entreprises et aux bureaux d’études ? Aucune n’avait les références techniques d’un tel ouvrage complexe. Pour la bonne raison que ce sont des défis hors normes.

Chaque étape nécessitait des études de faisabilité et des expérimentations précises. Par exemple, la construction de l’endiguement de la Rivière des Galets, pour simple qu’il en a l’air, a nécessité la réalisation d’une maquette à échelle dans un immense hangar afin d’effectuer toutes sortes de simulations en fonction des crues imaginables. Cela a pris plusieurs années avant que la collectivité portoise se lance dans des choix irréversibles. Malgré toutes ces précautions, nous avons vu récemment quelqu’un étaler des critiques acerbes contre les décisionnaires de l’époque.

Un observateur avisé peut être étonné que ce soit le JIR qui ait vendu la mèche des acropodes qui se brisent comme du verre. La comparaison avec la fragilité du verre souligne une certaine exaspération de la Collectivité à devoir encore supporter des critiques ; elle veut montrer par-là la légèreté des entrepreneurs et du bureau d’études sensé tout contrôler et porter assistance aux politiques. Le JIR est bien dans son rôle de démineur et la Région sait bien qu’on ne traite pas les acropodes brisés en mer comme on bouche des fissures dans un mur sec. Si c’est un lot défectueux, on les retire tout bonnement et on les remplace. Dans le jargon des industriels, on appelle ça une mauvaise série. Mais si c’est une anomalie structurelle qui n’a pas fait l’objet de test de résistance à long terme, alors c’est tout l’ouvrage qui est foutu.

Dans ces conditions, on comprend mieux les propos menaçants de Fournel : la Collectivité ne va pas réceptionner un ouvrage défectueux.

J.B.



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Messages






  • Moin la peur la route en corniche, mi redoute la route digue.

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  • Messieurs les decideurs,vous qui se gavent de l’argent public surtout cel des pauvres contribuables.
    Le peuple suveillera votre attitude et votre honnêteté car vous êtes responsables de toutes les décisions sur les depenses de l’argent public et si par mégarde vous baisseriez les bras, vous serez traduits en justice.
    On sera vigilant et on vous attend au tournant.
    Alors n’essayez pas de trouver des pretextes attenuantes car les conséquences seront trop flagrantes.
    Vos actions, vos démarches et surtout vos etats d’esprit doivent être toujours irreprochables dans l’intérêt des réunionnais.
    N’OUBLIEZ JAMAIS CELA

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  • Des défauts mineurs n’empêchent pas la réception provisoire d’un ouvrage public, mais le maitre de l’ouvrage a le droit d’émettre des réserves qui devront être levées pour que l’ouvrage soit réceptionné définitivement et que les entreprises soient intégralement payées . C’est dire que les retenues de garantie qui ont été faites par le comptable public sur leurs situations ( ou demandes de déblocage des fonds ) leur soient versées et qu’elles ne soient pas pénalisées .pour les retards éventuels de livraison .

    Bien entendu en l’espèce et compte tenu de la complexité des travaux qui ont été réalisés, ayant constaté des défauts dans l’ouvrage d’art , le maître de l’ouvrage devrait faire expertiser l’ouvrage par un ou plusieurs experts particulièrement qualifiés et agréés non seulement par les compagnies d’ assurance qui assurent les travaux réalisés mais aussi par les tribunaux qui pourraient être saisis par les parties en cas de désaccord , s’il ne veut pas que les réparations de l’ouvrage défectueux soit à sa charge après la réception . . Bien entendu la non saisine des experts après un certain délai pourrait être considérées par les entreprises adjudicataires comme une réception tacite de l’ouvrage et laisserait les travaux nécessaires la charge de la collectivité maitre de l’ouvrage .

    Comme le coût le coût de remplacement des acropodes défectueux s’élèverait plusieurs dizaine de millions . ce n’est donc pas une affaire à prendre la légère si on est soucieux de la bonne utilisation des deniers publics

    Monsieur Dominique Fournel a bien raison de refuser la réception mais c’est à la collectivité maître de l’ouvrage qu’il appartient de prendre l’initiative de faire expertiser les travaux déjà réalisés et non aux entreprises adjudicataires du marché . L’intervention des experts pourrait être l’occasion de disposer d’un avis technique hautement qualifié sur l’ensemble du projet de cette route en mer qui va quand même nous coûter probablement plus de 3milliards d’euros à sa livraison .

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  • Il est étonnant que pour un ouvrage aussi important les éléments en béton que sont les acropodes n’aient pas été soumis à des essais de vieillissement, surtout pour une partie soumise à la houle. Les compétences et procédures ne devraient pas manquer pourtant : Service des roues, assistant maître d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, entreprise, bureau de contrôle... À moins que ce ne soit le "c’est pas moi, c’est lui" qui prévale ? À se demander s’il faut payer pour une seconde partie d’ouvrage présentant de telles failles de protection ? Les contentieux aussi coûtent très cher... Et ce sont toujours les contribuables qui paient (plus cher) à la fin des procédures, parce que l’intérêt public est souvent mal défendu.. ..

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