Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
19 septembre 2013, par

Reprenez les médias français du premier semestre 2013. Ils étaient constamment question de piratage de données privées et de sécurité informatique. Régulièrement, les « informations » distillées (par qui ?) pointaient du doigt la Chine. Même l’Élysée s’y est mis. La pression est montée d’un cran, en juin, à la veille de la visite du nouveau président chinois, XI Jinping aux USA. L’opinion était abreuvée par l’ingérence supposée des Chinois. Le sujet a fini par faire l’objet d’un communiqué conjoint avec son homologue américain sur la constitution d’un groupe de travail « cyber-sécurité », afin de mettre à plat les différends soulevés. (Voir notre édito du 1er juillet)
L’hypocrisie des États-Unis s’est étalée au grand jour quand Snowden a informé le monde entier comment le gouvernement américain viole la vie privée et la souveraineté des États. Depuis ces révélations, la situation est devenue très inconfortable pour Obama, détenteur du Prix Nobel de la Paix ! Le sympathique président qui bénéficiait d’une certaine aura grâce, notamment, à la couleur de sa peau, perd peu à peu confiance dans ses interlocuteurs qui apprennent avec forces détails comment ils ont été espionnés.
Les inquiétudes et la colère gagnent en profondeur. Ainsi, la présidente du Brésil, Dilma Roussef, vient de faire savoir à Obama qu’elle annule la visite officielle prévue pour le 23 octobre, prochain. C’est une décision d’une extrême gravité sur le plan diplomatique et politique. On se rappelle qu’au sommet du G20, Obama avait dit qu’il assumait l’existence du crime. À la réaction de Mme Roussef, il faut constater que les choses ne se sont pas arrangées ou bien les réponses officielles ne sont pas à la hauteur du mal engendré.
Et, pour cause. La présidente justifie sa décision politique par le fait que les États-Unis s’adonnent à des activités d’interception des communications de citoyens, d’entreprises et membres du gouvernement qui constitue une atteinte à la souveraineté nationale et aux droits individuels, incompatible avec la coexistence démocratique entre pays amis. Par contre, elle compte faire un important discours à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, le 24 septembre, sur ce sujet.
Certainement, elle demandera à la communauté internationale de condamner fermement les agissements illégaux des États-Unis, et d’examiner les conditions d’un contrôle strict de l’arsenal d’espionnage américain. Comment le Nobélisé de la Paix va-t-il sortir de l’accusation qui lui est faite, d’atteinte à la dignité humaine ? Réponse dans une semaine.
J.B.
Nos peines
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