Edito

Octroi de mer : Pas touche à l’EBE !

Justin / 22 juin 2020

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Il y a 6 ans, l’Union Européenne a accordé à la France jusqu’à fin 2020 pour supprimer l’octroi de mer, pour se conformer aux règles de l’OMC. Mais, Ô irresponsabilité de nos politiques, ce n’est que dans l’urgence et, donc, sans débat de fond, que des décisions seront prises à la dernière minute. Des décisions techniques ; alors que le sujet réclamerait une véritable et profonde réflexion politique.

Sollicités, les fiscalistes/économistes préconisent des solutions qui vont compenser la perte des recettes fiscales des collectivités locales tout en essayant d’éviter une inflation qui pénaliserait le pouvoir d’achat des ménages. Personne ne leur ayant demandé de voir au-delà. Ainsi, suggèrent-ils de remplacer l’octroi de mer par une hausse de la TVA ou de la CSG, voire des deux, à due équivalence du montant collecté jusqu’à lors. C’est techniquement faisable, suffisamment rapidement et facilement pour respecter le calendrier de fin d’année.

Mais, à ce jeu-là, ce sont les entreprises artisanales et industrielles locales qui vont en pâtir. Leur production étant placée sur le même plan économétrique que celui des importations, alors que ces dernières bénéficient d’économies d’échelles et de structures relatives à leur marché originel. C’est la sacralisation de l’économie de comptoir : les Réunionnais ne sont là que pour consommer ce que la France leur exporte (avec l’argent que la France leur distribue et que quelques privés majoritairement français transforment en dividendes). Pas la peine de se casser la tête à développer nos propres ressources : la France pourvoit.

Voilà la question politique qui apparaît : est-ce la vocation de notre île que de devenir un territoire improductif et de consommation pure ? Je ne saurai m’y résoudre. La nouvelle fiscalité devra également protéger l’excédent brut d’exploitation des entreprises réunionnaises.

Philippe Yée-Chong-Tchi-Kan