Edito

Offensive contre les fonctionnaires

J.B. / 8 mars 2017

Hier, un mouvement de grève a touché les trois fonctions publiques. Les grévistes protestent contre les menaces de remise en cause du statut de la fonction publique, et ils demandent une autre politique en matière d’effectif. Ils souhaitent des embauches pour que le service public puisse être plus accessible à la population. Pour demain, un appel à la grève est lancé dans l’Education nationale.

La question des fonctionnaires est un sujet important de l’élection présidentielle. Plusieurs candidats ne cachent pas leur volonté de pratiquer des coupes importantes dans le budget de l’État pour faire des économies. Ce sont donc des projets de réduction de plusieurs dizaines de milliards d’euros des dépenses publiques. Cette somme sera notamment ponctionnée sur le fonctionnement des services publics, les fonctionnaires sont donc particulièrement visés.

Deux candidats ont d’ailleurs clairement chiffrés leurs objectifs dans ce domaine. François Fillon a annoncé 500.000 suppressions de poste, Emmanuel Macron 120.000. De tels plans ne seront pas sans conséquence pour La Réunion. S’ils étaient appliqués, alors ce serait la fin des espoirs de titularisation pour la majorité des agents de la fonction publique territoriale pour qui l’unité de traitement de la fonction publique ne s’applique pas.

Dans ce débat, plusieurs élus de La Réunion ont déjà pris position par le biais de leur soutien à un candidat. Du côté du Parti Les Républicains, le choix n’est pas étonnant. Leur candidat veut en effet amplifier la politique mise en œuvre entre 2007 et 2012 quand Nicolas Sarkozy était président de la République, et François Fillon Premier ministre. Du côté du Parti socialiste, plusieurs responsables à La Réunion ont annoncé leur soutien à Emmanuel Macron, notamment Gilbert Annette, maire de Saint-Denis, Gérald Maillot, président de la CINOR et Monique Orphé, députée sortante et pourtant investie par le PS. En soutenant Emmanuel Macron, ils sont donc comptables des engagements du candidat, et donc de la réduction annoncée des effectifs dans la fonction publique.

L’élection présidentielle marque donc une nouvelle offensive contre les fonctionnaires. La nouveauté est l’élargissement de ce mouvement. Les fonctionnaires savent donc qui sont leurs adversaires.

J.B.