Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
8 avril 2017, par

« ’Si nous sommes en Guyane française, nous devons vivre comme n’importe quel citoyen français !’, “Tout ce qu’on demande, c’est de pouvoir vivre bien, comme n’importe quel citoyen français. Si vous n’en êtes pas capables, partez ! “ “ On est déterminés à prendre en main notre pays.’ », tels sont les propos tenus par Manuel Jean-Baptiste, membre du collectif les Iguanes de l’Ouest, quelques minutes après les affrontements devant la préfecture de Guyane à Cayenne.
Une grande manifestation a en effet rassemblé un public nombreux devant le siège de la représentation de l’État, au lendemain de l’annonce du maintien de la grève générale par le collectif Pou la Guyane décollé. Le préfet a alors annoncé son refus de recevoir une délégation. Quant au directeur du CNRS, il n’était pas en Guyane pour rencontrer les manifestants. Cette rencontre était une des exigences de la délégation qui avait dormi cette semaine dans le centre spatial guyanais. Devant ce refus de dialoguer, des manifestants ont tenté d’entrer dans le bâtiment. En réaction, les gendarmes ont tiré des grenades lacrymogènes. Ce geste de répression traduit l’incapacité du gouvernement à vouloir répondre aux revendications portées par un mouvement de grève générale dans un département d’outre-mer. Il n’entame pas la détermination des Guyanais qui sont prêts à camper devant la préfecture.
Depuis le retour à Paris d’Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer, le gouvernement table en effet sur l’usure du mouvement pour essayer de le diviser pour l’affaiblir et maintenir le statu quo. Cette stratégie entretient l’impasse. Les négociations avec la ministre des Outre-mer à Cayenne ont été un échec, l’usage de la force contre des manifestants ne fait qu’amplifier ce constat.
Le mouvement des Guyanais a amené à l’irruption des outre-mer dans la campagne présidentielle. Elle a bouleversé les agendas de ministres qui pensaient camper dans leurs circonscriptions pour tenter de se faire réélire députés en juin prochain. L’intransigeance du gouvernement amène donc les Guyanais a demandé à assumer eux-mêmes plus de responsabilités. Le gouvernement est incapable de résoudre la crise. Les Guyanais estiment qu’ils peuvent mieux faire. Paris entendra-t-il cet appel ou persistera-t-il dans sa stratégie de pourrissement du conflit avec tous les dangers que cela implique ?
Nos peines
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