Edito

Où la Région Réunion trouvera-t-elle 300 millions d’euros ?

J.B. / 31 décembre 2018

JPEG - 94.4 ko

La préfecture de La Réunion a publié hier les nouveaux prix maximum des carburants qui s’appliqueront à partir de demain. Le sans-plomb baissera de 10 centimes par litre pour arriver à 1,33 euro. Le diesel connaîtra une diminution de prix encore plus importante : 15 centimes de moins par litre soit 1,06 euro. Comme ces prix maximum sont les prix pratiqués dans la totalité des stations services, ce sera donc une baisse générale des prix des carburants.

Il est tout d’abord important de rappeler que la totalité des marchandises à La Réunion sont transportées depuis le quai du Port ou l’aéroport par des véhicules qui fonctionnent avec des carburants. Il est donc essentiel que la baisse des prix des carburants soit répercutée dans celle du prix final des produits payés par le consommateurs. Si ce n’était pas le cas, alors cela voudrait dire qu’un acteur de la chaîne ne jouerait pas le jeu. Souhaitons que le mouvement des gilets jaunes ait pu modérer les appétits de prise de profit sur le dos d’une population dont plus de 40 % vit sous le seuil de pauvreté.

La seconde remarque porte sur les raisons de cette baisse. Il est d’une part liée à celle du coût de la matière première, mais aussi fait suite à la décision de la Région Réunion de ramener la fiscalité des carburants au niveau où elle était quand Paul Vergès était président de cette collectivité. C’est une victoire du mouvement social. La majorité de Didier Robert comptait sur cette ponction dans la poche des automobilistes pour trouver 300 millions d’euros sur plusieurs années. Faire croire que cet argent était destiné à financer la transition écologique est une fable. Il n’y a qu’à voir en France, où la hausse de la fiscalité des carburants était destinée à compenser la baisse des recettes entraînées par les cadeaux fiscaux faits aux plus riches.

La Région Réunion est confrontée à un grave problème. Elle a entraîné l’État dans un chantier pharaonique dont le coût et la date d’achèvement sont inconnus. En effet, la réalisation de la route en mer a été lancée sans que les matériaux disponibles n’existent à La Réunion. C’est également le projet d’aménagement le plus contesté de l’histoire de La Réunion. C’est en effet lui qui est à l’origine des plus grandes manifestations pour la défense de l’environnement jamais organisées dans notre île. Une chose est sûre, il faudra bien que la Région Réunion trouve quelque part ces 300 millions d’euros, car son budget est plombé par la route en mer.

J.B.