Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
25 septembre 2013, par

En 2010, les socialistes décident d’offrir la Région à l’UMP conduite par Didier Robert. Ce dernier dit que le tourisme va être la priorité des priorités. Il accuse l’ancienne majorité d’avoir failli, et il promet des milliers d’emplois à partir d’une autre politique. D’ailleurs, Didier Robert décide dans un premier temps de ne pas déléguer le tourisme à un vice-président. La direction de l’IRT est remerciée. Le jour de la nomination de Jacqueline Farreyrol à la présidence de l’IRT, Didier Robert présente à la presse un pôle d’experts en tourisme chargés de réfléchir à la stratégie de la Région dans ce domaine, et n’ayant de compte à rendre qu’à Didier Robert. Dans ce groupe, on remarquait la présence d’un photographe qui affirmait n’avoir jamais voulu travailler avec le Comité du tourisme, ainsi que celle d’Air Mauritius. Air Austral était exclue du dispositif.
On allait voir ce que l’on allait voir. Les opérations bat’karé ont aussitôt commencé avec la très décriée Ronde des Régions à Montélimar. Puis c’était l’épopée australienne d’une délégation pléthorique pilotée par la Région à Adelaïde. Cette ville isolée du Sud de l’Australie présentait la particularité de ne pas être reliée directement à La Réunion. À l’époque, Air Austral desservait Sydney, à quelques 1.160 kilomètres.
Pour sa part, l’IRT n’est pas oublié. Son budget a doublé, avec des rallonges votées au fil de l’eau. Quant à son effectif, il a enflé pour devenir équivalent à celui du Comité du tourisme d’Île de France. La Réunion peut donc avoir la fierté d’avoir un outil aussi puissant que celui qui assure la promotion d’une des régions les plus touristiques du monde, où les visiteurs se comptent par dizaines de millions chaque année.
Les hôteliers sont une profession particulièrement choyée, grâce à une hausse substantielle des aides de la Région pour la construction ou la rénovation de chambres.
Avec tout cela, il était possible de viser 600.000 touristes, des vrais.
Force est de constater que quand vient l’heure du bilan, tout s’effondre. Et l’heure des comptes ne tardera pas à sonner car il faudra bien que Didier Robert explique aux Réunionnais pourquoi avoir dépensé autant d’argent public pour un si piètre résultat. En effet, la fréquentation touristique a baissé de 10% par rapport à l’année dernière, c’est la claque et la mauvaise publicité des attaques de requin est bien loin de tout justifier.
Les pertes viennent avant tout de la désaffection de la clientèle française, malgré tout l’argent investi dans la Ronde des Régions et autres déplacements. La fermeture de plusieurs liaisons aériennes a aussi pesé. N’oublions pas que Didier Robert est le président du Conseil de surveillance d’Air Austral, les fermetures de ligne d’Air Austral vers toutes les régions de France autres que Paris, et vers l’Océanie ont été prises sous sa responsabilité. La décision de miser sur la France découle aussi de sa stratégie, plutôt qu’aller essayer de puiser dans un potentiel tout proche : Madagascar, l’Inde, l’Afrique du Sud et la Chine. C’est bien le fiasco des Îles Vanille coté réunionnais. Car pour Maurice, les choses vont beaucoup mieux. La clientèle en provenance d’Asie est en hausse, et l’augmentation du nombre des touristes réunionnais permet de compenser la baisse des originaires de France.
Tout comme les 2.000 bus, les 600.000 touristes sont une promesse qui ne sera pas tenue. De quoi faire réfléchir ceux qui croient encore à ce que disent Didier Robert et ses amis sur le projet de route en mer.
J.B.
Nos peines
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