Edito

Ouverture des Jeux Olympiques à Tokyo : le sport plus fort que le virus

David Gauvin / 24 juillet 2021

La flamme est allumée au Stade olympique de Tokyo. C’est la joueuse de tennis japonaise Naomi Osaka, n°2 mondiale, qui a été chargée du rituel, vendredi 23 juillet, à la fin de la cérémonie d’ouverture. Quelques minutes plus tôt, l’empereur du Japon, Naruhito, a déclaré ouverts les Jeux olympiques de Tokyo. Devant seulement quelques spectateurs, en raison de l’épidémie de Covid-19, le défilé des 206 délégations a été ouvert par la Grèce et l’équipe des réfugiés. 

JPEG - 13.7 ko

Les Jeux Olympiques de Tokyo ne seront définitivement pas ceux de la reconstruction, comme le voulaient les autorités de l’archipel, mais bien ceux de la pandémie. Depuis leur report l’an dernier, le comité organisateur tout comme les têtes pensantes du Comité international olympique (CIO) traversent un nombre impressionnant de zones telluriques qui ont fragilisé les bases de cet événement et mis en émoi une population japonaise passée de l’euphorie de l’attribution en 2013 à une­ ­inquiétude grandissante au fur et à mesure que la date fatidique du 23 juillet approchait et que la pandémie s’amplifiait. Début juin, on apprenait ainsi que 10 000 volontaires avaient jeté l’éponge, principalement en raison de préoccupations sanitaires. Dernièrement, les propos ­surinterprétés de Toshiro Muto – patron du comité d’organisation – expliquant que les cas de Covid au sein du village olympique étaient pris très au sérieux entraînaient un emballement médiatique autour d’une possible annulation.

Au delà du spectacle sportif, les jeux olympiques ont une symbolique forte. Originellement tenus dans le centre religieux d’Olympie, dans la Grèce antique du 8e siècle av. J.-C. au 5e siècle apr. J.-C., les Jeux sont rénovés par le baron français Pierre de Coubertin en 1894 lorsqu’il fonde le Comité international olympique (CIO). Depuis lors, le CIO est devenu l’organisation gouvernant le mouvement olympique dont la structure et les décisions sont définies par la Charte olympique.
Les premiers Jeux olympiques modernes se déroulent en 1896 à Athènes et l’instauration des Jeux olympiques d’hiver date de 1924 à Chamonix. Ils ont lieu la même année tous les quatre ans, les années bissextiles, souvent dans le même pays sous réserves qu’il possède un territoire montagneux, puis sont décalés de deux ans à partir de 1994. Annulés en 1916, 1940 et 1944 pour cause de guerres mondiales, les Jeux ont vu leur édition de 2020 reportée d’un an en raison de la pandémie de Covid-19. La tenue des jeux est un symbole fort.

Mais, la tradition grecque de l’ekecheiria (Trêve) a été créée au 8e siècle avant J.-C. en tant que principe sacré de l’olympisme. En 1992, le Comité international olympique (CIO) a rétabli cette tradition en invitant toutes les nations à respecter la Trêve olympique. Dans sa résolution 48/11 du 25 octobre 1993, l’Assemblée générale a engagé les États Membres à respecter la Trêve olympique. Le 3 novembre 2003, dans sa résolution 58/6, l’Assemblée générale a décidé d’ajouter à l’ordre du jour de sa 60e session un point subsidiaire intitulé « Édification d’un monde pacifique et meilleur grâce au sport et à l’idéal olympique ». C’est bien cela qu’on retiendra des jeux, au delà des performances pures, c’est que le sport peut être un vecteur de paix et de développement. Nous espérons que la trêve olympique sera tenu cette fois ci.

Nous souhaitons aussi à nos représentants les meilleurs résultats possible, en surf Jérémy Florès et Johanne Defay, en cyclisme Donovan Grondin, en handball, Melvyn Richardson, en volleyball Stephen Boyer, et en gymnastique Marine Boyer. Nous savons qu’ils porteront haut les couleurs de notre île comme avant eux Jakson Richardson, Daniel Narcisse, Daniel Sangouma, Elvire Téza, Matthieu Daffreville, Eric Casimir et tant d’autres. Nous leur souhaitons de faire rêver les enfants réunionnais devant leurs exploits, ils en ont tellement besoin .

"Nous jurons que nous nous présentons aux Jeux Olympiques en concurrents loyaux, respectueux des règlements qui les régissent et désireux d’y participer dans un esprit chevaleresque pour l’honneur de nos pays et la gloire du sport." Serment des athlètes par Pierre de Coubertin

Nou artrouv’

David Gauvin