Visas : ce qui est possible en Guyane doit l’être à Mayotte et à La Réunion
2 septembre, parSuppression des visas pour les Brésiliens pour des séjours de moins de 30 jours
17 janvier 2014

Lors de sa conférence de presse, François Hollande a présenté le « Pacte de responsabilité ». En échange d’exonérations nouvelles en faveur des patrons, le président de la République compte en retour que les entreprises créent davantage d’emplois. Selon le chef de l’Etat, cette baisse du coût du travail va permettre aux producteurs de vendre moins cher et donc plus facilement : ils auront davantage de commandes, et pour y répondre ils embaucheront. Autrement dit, François Hollande met en avant l’idée selon laquelle l’offre crée la demande. Il donne donc des moyens supplémentaires au grand capital pour se déployer.
En France, cette idée s’appuie sur l’existence d’une industrie en crise. Les installations sont là, les travailleurs et les capitaux aussi, mais le coût de production est jugé trop élevé. Le « Pacte de responsabilité » veut donc relancer une économie qui existe déjà, ce n’est pas une opération de reconstruction mais de retour à une situation antérieure en terme d’emploi.
Mais à La Réunion, le contexte est différent. Dans une étude publiée hier, l’INSEE donne un aperçu très intéressant de ce qui distingue La Réunion de la France sur le plan de la structure de l’économie. En France, la fonction publique donne un emploi à un travailleur sur cinq, dont plus de 75% de titulaires. En creux, cela veut dire que le secteur privé fournit 4 emplois sur 5.
A La Réunion, c’est un travailleur sur trois qui est dans la fonction publique, 40% ne sont pas titulaires, et cette proportion est de plus de la moitié dans les collectivités. Cette plus forte part de l’emploi public s’explique par la ruine de quasiment toutes les industries à La Réunion. Le dernier secteur dynamique sur le plan de la production industrielle est le BTP, mais il vient de passer en quelques années d’environ 25.000 à 15.000 salariés. A la différence de la France, les plus gros employeurs ne sont pas des grands groupes industriels, mais le public. Le Conseil général a plus de 5.000 agents, et plusieurs communes de La Réunion ont un nombre de salariés bien au dessus de 1.000.
C’est pourquoi, il est bien difficile pour notre île de s’appuyer aujourd’hui sur une quelconque industrie qui pourrait bénéficier de nouvelles exonérations. D’ailleurs, la politique menée depuis plus de 25 ans pour favoriser l’emploi dans le secteur privé à La Réunion, c’est justement la baisse des cotisations. Elles sont moins élevées à La Réunion qu’en France, cela n’empêche pas le chômage d’augmenter tous les mois.
Chaque année, la population réunionnaise augmente de 10.000 personnes, dans un pays où la plupart des filières industrielles ont été détruites. Cela relativise aussitôt les annonces autour du « Pacte de responsabilité ».
J.B.
Suppression des visas pour les Brésiliens pour des séjours de moins de 30 jours
Mézami pétète zot va domann amwin pou kossa mi di sak mi sa di, sansa kissa la done amwin la pèrmissyon pou dir sak mi sava dir é zot nora rézon. (…)
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