Edito

Pas de solution réelle sans compromis

LB / 27 février 2009

Les représentants du Collectif des Organisations Syndicales, Politiques et Associatives de La Réunion (COSPAR) ne cessent d’intervenir sur le terrain, dans les médias ou auprès de décideurs pour attirer l’attention de ces derniers sur la gravité du malaise social dans notre pays. Et ils appellent tous les Réunionnais à s’unir, s’organiser et se mobiliser pour s’attaquer aux causes de ce malaise.
Ce combat doit s’amplifier et se renforcer sans cesse, car il y a encore dans l’opinion et chez beaucoup de responsables économiques ou politiques une trop grande sous-estimation de l’ampleur de cette crise sociétale. Et une lenteur à réagir pour appliquer les transformations profondes et globales qui s’imposent.

Or, les indicateurs s’accumulent qui confirment l’importance de la crise financière, économique et sociale au niveau planétaire. Prenons seulement deux exemples : aux États-Unis, chaque jour, 15.000 familles propriétaires de leur maison la voient saisie et se retrouvent à dormir dans la rue ; l’an dernier, 200.000 personnes en France ont perdu leur emploi et « ce sera pire cette année », a déclaré jeudi la ministre de l’Économie.
Il y a également les effets du changement climatique, qui seront de plus en plus catastrophiques car les profiteurs du système, dont la responsabilité est écrasante, continuent de polluer la planète avec leurs produits émetteurs de gaz à effet de serre. Selon des scientifiques réunis à Genève avant-hier, la glace des pôles Nord et Sud fond plus vite que prévu, avec pour conséquences « une montée du niveau des mers et une accélération du réchauffement climatique ».

Tout cela — Paul Vergès et Élie Hoarau l’ont encore rappelé lors de la récente Conférence extraordinaire du PCR — aura des effets très graves sur La Réunion. Et cela nécessite non seulement des mesures immédiates pour améliorer les moyens de vivre des plus pauvres mais encore des décisions politiques pour créer deux grands services publics (environnement et aide à la personne) et pour un programme de développement durable.
Alors laissons de côté les diversions des anti-Réunionnais et concentrons-nous sur l’essentiel. À savoir : une entente sur les voies et moyens adaptés à La Réunion pour sortir du piège où nous a mis la colonisation, car il n’y a pas de solution réelle sans compromis.

L. B.