Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
9 mars 2016, par

Dans plusieurs de nos éditos, nous avons évoqué les problèmes rencontrés par le Journal de l’île de La Réunion. La presse écrite quotidienne vit depuis plusieurs années une crise profonde. À La Réunion, Témoignages a été la première victime, avec l’arrêt en décembre 2013 de sa version imprimée. Maintenant, c’est au tour du JIR d’être touché. Hier, un reportage de Réunion Première a donné quelques chiffres : 18.000 exemplaires imprimés quotidiennement et 6.000 abonnés. Ce nombre d’abonnés renvoie à celui de Témoignages d’il y a quelques années. Mais une différence est notable, le JIR compte 159 salariés.
Du fait des difficultés financières rencontrées par ce journal, sa direction a déposé le bilan. Le JIR est en redressement judiciaire depuis le mois dernier. Cela ouvre une période de 6 mois au terme de laquelle il doit prouver sa viabilité. Ce temps d’observation peut éventuellement être prolongé de 6 mois. Pour redresser les comptes, la direction privilégie les licenciements. Elle a présenté vendredi en comité d’entreprise un plan de suppression d’emplois. Elle veut supprimer plus de 25 % des postes. Les syndicats n’ont pas tardé à réagir.
Dans un communiqué diffusé dimanche, le SNJ et la CFE-CGC ne contestent pas « la nécessité d’un plan de sauvegarde de l’emploi ». Mais ils pointent des contradictions entre les objectifs affichés par la direction du JIR et les propositions de cette même direction. Pour sortir des difficultés, l’objectif affiché est d’augmenter le chiffres d’affaires, ce qui signifie augmenter les ventes et les recettes publicitaires. Pour cela, il apparaît logique de s’appuyer sur les salariés affectés à la production. Mais le plan de licenciements vise justement à faire des coupes drastiques dans toutes les équipes chargées de la production. Il épargne par contre l’encadrement. À part la logistique, tous les postes de direction sont maintenus, ainsi que ceux des services des ressources humaines. C’est un phénomène curieux, car la diminution du nombre des salariés chargés des tâches d’exécution devrait entraîner celle du nombre des encadrants. Ce n’est pas le cas. Est-ce à dire que les directeurs vont prendre à leur charge les tâches d’exécution qui sont du ressort des travailleurs licenciés ?
Les propositions de la direction montrent que face à la crise, dirigeants et exécutants ne sont pas sur un pied d’égalité. Or les salariés appliquent une politique décidée par la direction. Cette dernière a donc une part de responsabilité dans la crise, mais le plan de licenciement qu’elle propose sauvegarde ses intérêts.
Nos peines
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