Edito

Pour le logement aussi, il est temps de faire confiance aux Réunionnais

J.B. / 30 novembre 2017

JPEG - 13.7 ko

La question du logement est un grave problème à La Réunion. Mardi, l’ARMOS, association regroupant les bailleurs sociaux, a fait part de ses craintes vis-à-vis du Budget 2018 en débat actuellement au Parlement. Ils ont également annoncé qu’ils prévoient la production de 2.000 à 2.500 logements sociaux l’année prochaine, réhabilitations comprises. Autant dire que l’on reste toujours loin du compte, car pour répondre aux besoins actuels, il faudrait en construire 9.000 chaque année.

C’est en effet un problème concret. Comment en effet expliquer que la France, un des pays les plus riches du monde, a été dans l’incapacité de régler la crise du logement à La Réunion ? C’est l’illustration de l’échec d’un système avec de lourdes conséquences pour la population. Des dizaines de milliers de personnes vivent dans un logement insalubre. D’autres trouvent un loyer dans le secteur privé, mais les prix sont tellement excessifs qu’il ne reste plus grand-chose à la fin du mois. Dans les deux cas, nombreux sont les familles à vivre dans des logements surpeuplés, ce qui a de lourdes conséquences notamment pour la réussite scolaire. Il est en effet beaucoup plus difficile d’apprendre dans la promiscuité, ce qui contribue à faire du système éducatif un reproducteur des inégalités.

Le problème du mal-logement est connu. Ce sont plus de 20.000 familles qui ont droit à un logement social et qui en sont privées, faute de loyers disponibles. Malgré la multiplication des tables-rondes et des engagements, le système de production n’arrive pas à répondre à la demande. C’est là aussi une preuve supplémentaire qu’une autre politique est nécessaire. Et sur ce point, nul doute que des Réunionnais ont des propositions. Il est temps de leur faire confiance. Cela ne doit plus attendre, car la population va continuer à augmenter. Mardi, l’INSEE a annoncé que La Réunion dépassera le million d’habitants dans 20 ans. Si rien ne change d’ici là, il y a fort à craindre que le nombre des mal-logés augmente. De quel développement durable peut-on alors parler dans ces conditions ?

J.B.